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Publié le jeudi 11 avril 2019 à 18h00min par Nathalie Sanselme

Logistique. Magic Pallet veut optimiser le transport des palettes vides pour polluer moins

article diffusé le 11 avril 2019

La plateforme web développée par la start up montpelliéraine Magic Pallet veut mettre fin à une aberration économique et écologique dans le transport routier de marchandises. Le principe : créer un « Uber » pour le retour des palettes vides.

Le secteur du transport de marchandises prend conscience de sa nécessaire mutation. Le prix de l’innovation obtenu en mars lors de la Semaine de l’innovation transport et logistique (SITL) par la jeune société montpelliéraine Magic Pallet, deux mois après avoir remporté le Supply Chain Event Digital Awards, en est un indice. Créée il y a deux ans par Pierre-Edouard Robert, 34 ans, la start-up déjà labellisée FrenchTech, propose « une solution collective à un problème collectif » : celui du retour des palettes vides.

A la tête de Magic Pallet, le jeune ingénieur en informatique pointe du doigt « un gâchis économique et écologique » : après avoir livré sa marchandise, le transporteur routier est tenu de ramener les palettes vides à l’expéditeur à ses frais. « Il est le dindon de la farce de la chaîne logistique », s’exclame le PDG. Pour une PME de transport routier de 200 camions, ce coût de retour des palettes vides est estimé à près de 200.000 euros par an.

900.000 tonnes de CO² en moins par an

Bien décidé à mettre un terme à cette aberration, non seulement pour lui-même mais pour l’ensemble des transporteurs, le PDG met au point avec l’aide du Bic de Montpellier, de Réseau Entreprendre, de l’agence régionale Ad’Occ et de Créalia qui lui consent un prêt, une plateforme web collaborative d’échanges de palettes en ligne entre transporteurs. Dotée d’un logiciel intelligent capable de faire une recherche en lieu et place du transporteur sur tout le territoire français, elle a déjà permis à la jeune société d’économiser 56.600 km, soit 65.000 euros et 49 tonnes de CO² en seulement trois mois de commercialisation.

En extrapolant aux 38.000 transporteurs français et sur une moyenne d’économie de 2500 km par mois, le dirigeant a calculé que 900.000 tonnes de CO² ne seraient ainsi plus rejetées dans l’atmosphère par an. Des résultats prometteurs, qui annoncent l’étape suivante : 650.000 euros de chiffre d’affaires et une dizaine d’embauches en 2019. D’ici fin 2020, Magic Pallet espère 3 millions d’euros de prévisionnel, assortis d’une quarantaine de recrutements et d’un déploiement européen.
Nathalie Sanselme

Sur les photos
En haut : Pierre-Edouard Robert, PDG de Magic Pallet. Crédits : DR

En bas : Selon le dirigeant de Magic Pallet, sa solution permettrait d’économiser 900.000 tonnes d’émission de CO²dans l’atmosphère. Crédits : DR