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Publié le jeudi 26 juin 2014 à 20h30min par Aurélie de Varax

MJ2 Technologies turbine fort et parie sur l’export

Lauréate du concours de l’innovation lancé par le ministère de l’Industrie et de la Recherche en 2004, MJ2 Technologie fête ses 10 ans avec d’ingénieuses turbines hydroélectriques et un parcours sans faute.

« On parle d’un objectif de 30% d’énergies renouvelables à horizon 2030 mais il y a une incohérence totale entre la politique affichée et l’action gouvernementale qui oublie l’hydroélectricité. » Marc Leclerc, le Président de MJ2 Technologies ne mâche pas ces mots. L’entreprise leader de son secteur, puisque la seule à avoir développé des turbines hydroélectriques adaptées à l’exploitation des très basses chutes d’eau (moins de 3 mètres), fête ses 10 ans sur son site industriel dans le Larzac près de Millau, le 27 juin.

Son bilan est à faire pâlir d’envie : 70 turbines VLH (Very Low Head turbine) vendues depuis sa création, une solution breveté inégalée, des clients dans 13 pays, 850 emplois directs ou indirects créés. Pour 2014, l’entreprise table sur une croissance du chiffre d’affaires de 35%.

Un potentiel énorme mais sous-estimé
« Pour créer de l’énergie sur des basses chutes, il faut un gros débit d’eau, » explique Marc Leclerc. L’entreprise a donc inventé la VLH, « une grande turbine totalement immergée et sans nuisances environnementales. Elle est silencieuse et très lente donc ichto-compatible, c’est-à-dire qu’elle laisse passer les poissons. » Un produit adapté aux rivières imposantes comme le Tarn, l’Aveyron, le Lot ou la Garonne et qui s’adresse au marché de la petite hydroélectricité. Chaque turbine peut générer 500 Kwh soit l’énergie consommée par 250 foyers. « En France, sur les 64 000 barrages et moulins recensés, seuls 3 000 sont utilisés et 400 pourraient être équipés avec des VHL », ajoute Marc Leclerc. 

Mais l’entrepreneur fustige le manque d’ambition de la filière française hydroélectrique. « A puissance égale une turbine VHL produit le double d’une turbine d’éolienne et c’est la seule énergie continue, prévisible et qu’on peut stocker. Mais le statut de producteur autonome est en danger car il est question de réformer le système d’achat et de mettre en concurrence les projets éligibles à partir de 1000 KWh produits. » Allons-nous vers une extinction progressive du marché de la petite hydroélectricité ? Les incertitudes qui pèsent sur la filière le poussent vers l’export qui devrait dépasser la moitié de ses ventes dès 2015 pour devenir l’essentiel à moyen terme.

L’entreprise sera prochainement à nouveau sur le devant de la scène, à Toulouse, avec l’inauguration de la centrale hydroélectrique de la Cavaltade, non loin de l’Oncopole, un projet financé par l’état, la régie municipale et la ville de Toulouse.
Aurélie de Varax
Sur la photo : 150 producteurs autonomes du Syndicat EAF(Electricité autonome de France) sont réunis en 2007 sur le site industriel de Millau pour découvrir le premier prototype industriel de turbine VHL.