ToulÉco Green

Publié le jeudi 21 novembre 2019 à 17h28min par Armelle Parion

Le Toulousain Longtime veut lutter contre l’obsolescence programmée en Europe

Le label créé en 2018 par une Scop toulousaine vient de certifier deux marques, Seb et Xplorer pour trois de leurs produits. Il prévoit d’atteindre les cinquante produits d’ici fin 2021.

Ethikis a démarré comme association en 2017, avec un objectif économique et écologique : aider les consommateurs à identifier avec certitude les machines à café, perceuses, et autres ordinateurs conçus pour durer. La démarche a été saluée en 2018 par « Mon projet pour la planète », l’appel à initiatives citoyennes lancé par le ministre de la transition écologique et solidaire de l’époque Nicolas Hulot.

Depuis, l’entreprise a intégré le groupe de travail sur l’indice de réparabilité, réunissant les associations de consommateurs et les distributeurs, et animé par le Commissariat général au développement durable (CGDD) et l’Ademe. « Nous avons été reconnus comme expert dans la thématique et nous avons voulu créer un outil en plus de la législation existante », affirme Elsa Lomont, cofondatrice d’Ethikis, avec Florent Preguesuelo.

Un grand pas a été franchi dans le développement de la Scop : les trois premiers produits Longtime viennent d’être labellisés. Il s’agit de l’aspirateur Rowenta Silence Force R064 de la marque Seb et des détecteurs de métaux Deus et ORX du groupe haut-garonnais XPlorer. Ils portent désormais le logo, reconnaissable à son symbole de l’infini, en magasin et sur internet.

quarante-et-un critères et un cahier des charges

Pour obtenir leur labellisation pour une durée de trois ans renouvelable, les produits sont passés au crible d’un organisme de contrôle indépendant (Ecocert et l’Apave sont les deux partenaires) et ont été déclarés conformes aux quarante-et-un critères du cahier des charges. Minutieusement élaborés, avec une annexe sectorielle pour chaque sous-famille, ces critères s’articulent autour de la fiabilité des technologies, de la disponibilité des pièces détachées et de la possibilité de réparer l’appareil soi-même.

Le label toulousain veut désormais s’étendre à tous les pays européens. Une troisième salariée a été embauchée pour la partie export. D’ici fin 2020, l’entreprise prévoit de labelliser une quinzaine de produits, cinquante d’ici fin 2021. Electroménager, électronique, outillage, loisirs, de nombreux secteurs sont concernés par l’obsolescence programmée. « Nous essayons d’avoir un premier panel de produits représentatifs pour les consommateurs ».

70.000 euros de chiffre d’affaires en 2020

Subventionnée par l’Ademe, la Région Occitanie et Bpifrance, Ethikis se rémunère sur les redevances forfaitaires des marques, de 3500 euros par an en moyenne. Avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 70.000 euros pour 2020, la coopérative vise l’équilibre fin 2021 et l’embauche d’une chargée de communication et d’un technicien .

Les initiatives du même type fleurissent chez les distributeurs. Mais la Scop, leader sur ce marché malgré sa petite taille, met en garde. « Un label suppose l’existence d’un cahier des charges et l’audit d’un organisme indépendant ».
Armelle Parion

Sur la photo : Elsa Lomont et Florent Preguesuelo, cofondateurs d’Ethikis. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.