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Publié le jeudi 19 mars 2015 à 20h05min par Nathalie Malaterre

Les scops s’imposent en Midi-Pyrénées

La notoriété des Scops semble enfin établie et le nombre de sociétés coopératives augmentent fortement sur la région. Portée par la création et la transmission, comme pour l’Atelier Larrieu, cette évolution est aussi celle d’un nouvel état d’esprit.

L’Atelier Larrieu a basculé sous statut Scop en décembre dernier. Participant ainsi à la belle progression du nombre d’entreprises coopératives en Midi-Pyrénées. L’Urscop, l’Union régionale des sociétés coopératives et participatives, indique que 28 nouvelles entreprises les a rejoint.
Au 31 décembre, 197 entreprises étaient membres de l’Union en Midi-Pyrénées. Auxquelles on peut ajouter une vingtaine d’autres Scops non adhérentes et quelques Scops dont le siège social est établi ailleurs en France mais qui comptent des établissements sur la région. Une belle évolution qui s’explique notamment par une notoriété plus prégnante du statut aussi bien dans le monde de l’entreprise que sans celui des institutionnels ou les collectivités locales. « Ils sont tous au fait aujourd’hui de ce que les Scops peuvent apporter en matière économique », précise Muriel Decout. Qui se réjouit de constater « qu’il y a de moins en moins de gens interdits quand on leur parle de ces sociétés ».

Une culture d’entreprise

N’empêche, selon elle, « il y a encore du travail à faire pour développer et le statut et une bonne compréhension de ce qu’il y a derrière. » Elle raconte que l’Urscop est toujours sollicitée pour des reprises d’entreprises sous statut scop quand toutes les autres solutions ont été impossibles, aussi bien dans le cas de sociétés en difficulté que de transmission. Or adopter une démarche coopérative en dernier recours n’est pas la posture adéquate : « La coopérative, c’est une culture, un état d’esprit », souligne Muriel Decout. « Un chef d’entreprise qui a mésestimé ses salariés pendant des années ne peut pas espérer leur transmettre selon nos conditions. » Car si les scops naissent encore majoritairement de la création ex nihilo, de plus en plus sont issues d’une reprise par transmission.

C’est l’histoire de l’Atelier Larrieu fondé en 1949 à Toulouse. Quand il a songé à partir en retraite, Dominique Larrieu a proposé de transformer son entreprise en scop et de la céder à ses salariés. « Il a fallu presque deux ans pour que le projet mature », raconte Jacques Regimbeau, le gérant de l’Atelier Larrieu. Et d’avouer que lui et ses collègues sont un peu tombés des nues : « on ne savait quasiment pas ce que c’était. »
Cependant, l’idée de rester tous ensembles – l’entreprise compte douze salariés – « dans la même configuration » et « le côté égalitaire » emportent la décision. Quatre d’entre eux deviennent sociétaires. Ils investissent 80 000 euros dans ce projet, encouragés par l’accompagnement de l’Urscop et celui de leur ancien patron. « Il est toujours avec nous, c’est notre consultant ! » s’amuse-t-il.

Un passage de relais tout en intelligence et qui permet d’appréhender plus sereinement pour les nouveaux dirigeants « toutes les étapes administratives à passer », fait remarquer Jacques Regimbeau. Car il a aussi fallu bâtir un projet pour cette entreprise. « Pour cette première année sous statut scop nous espérons stabiliser nos résultat [NDLR : un million d’euros de chiffre d’affaires ], ensuite nous souhaitons demeurer en nombre réduit afin de garantir l’agilité de notre entreprise », explique Jacques Regimbeau.

Au plus près des adhérents en difficulté

L’Atelier Larrieu, spécialisé dans la fabrication et la pose d’enseignes, de signalétiques et de marquages pour le commerce entend pouvoir continuer aussitôt que ses clients en émettent le besoin. Pour ce faire, à terme, l’équipe de poseurs sera renforcée, surtout, les premiers investissements concerneront l’acquisition de machines d’impression et de découpe dotées des dernières technologies.

L’exemple de « ce qui fonctionne bien », rapporte Muriel Decout, « parce que l’humain a toujours été au cœur de l’entreprise ». Elle note toutefois que le statut scop a du succès en Haute-Garonne ou dans le Tarn mais qu’ailleurs en région, il reste plus confidentiel. Elle espère donc « une belle opération » dans chacun de ces territoires : « quand il y a un projet emblématique qui aboutit, ça impulse la dynamique. »
Au-delà de ces éventuels cas d’école et de multiplier toujours le nombre de sociétés coopératives, l’Urscop travaille sur des projets d’essaimage cette année, et s’attache à soutenir ses adhérents en difficulté « notamment ceux du secteur du BTP, il nous faut être proche d’eux pour les aider ». L’esprit coopératif vaut aussi entre membres.
Nathalie Malaterre

Sur la photo : les douze salariés de la Scop Atelier Larrieu. Photo Urscop Midi-Pyrénées.