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Publié le mercredi 1er octobre 2014 à 17h38min par Aurélie de Varax

Les producteurs de Midi-Pyrénées adoptent la Drive attitude

Alors que le drive fermier 82 souffle sa première bougie à Montauban, le modèle porté par les chambres d’agriculture essaime à Albi, Toulouse et Cahors. Les producteurs locaux court-circuitent la grande distribution et piratent leurs méthodes. Avec succès.

Telle l’arrivée du vent d’Autan, Midi-Pyrénées vit sa déferlante de drive fermiers : à Albi et Toulouse le 12 septembre, à Saint-Gaudens et Cahors mi-octobre. Ironie du sort, ce concept de circuit court de distribution est emprunté aux Goliaths de la grande distribution qui en ont fait leur fer de lance pour réussir dans le e-commerce. C’est le modèle du « drive piéton » qu’ont choisi les producteurs, soucieux de tisser des liens avec le consommateur. Celui-ci se rend à un rendez-vous hebdomadaire en général avec sa voiture, où il récupère sa commande des mains du producteur. Car c’est bien là que réside l’enjeu du drive fermier : trouver le modèle le plus rentable sans rogner les valeurs essentielles de proximité avec le consommateur. « Contrairement à Rhône-Alpes très en avance sur la multiplicité des circuits courts, il y avait de réelles opportunité pour les drive fermiers en Midi-Pyrénées », explique Marianne Bergès en charge des circuits courts à la Chambre d’agriculture de Haute-Garonne.

Un an après l’ouverture du drive fermier 82 à Montauban, le bilan est positif. Selon Jean-François Pinel, détaché par la Chambre d’agriculture du Tarn sur le projet, « les producteurs font mieux en chiffre d’affaires sur une livraison hebdomadaire en drive qu’une demi-journée de marché ou une journée de magasin collectif, et 65% des clients sont des nouveaux clients qu’ils n’auraient pas pu toucher autrement. »

Du champ à la web revolution
Avec 38 producteurs membres de l’association et cent commandes par semaine, le drive fermier 82 a atteint son seuil de rentabilité en 6 mois. Chaque mois les producteurs reçoivent leur cote-part, moins 10% qui restent dans les caisses. « Cela couvre les frais de logistique, le salaire d’un jour et demi du responsable et le logiciel » explique Jean-François Pinel. Pour s’initier aux arcanes du e-commerce, les producteurs ont été formés à un logiciel développé par la maison-mère des chambres d’agriculture. Même topo pour le tout jeune drive fermier toulousain qui regroupe 43 adhérents et mise sur 300 commandes hebdomadaires et 2 sites de livraison. Quant au drive fermier d’Albi, les acheteurs ont rendez-vous sur le site commercial Les portes d’Albi, à l’arrière du restaurant de l’hypermarché qui y a vu une complémentarité avec son propre drive.

Reste que certains producteurs revendiquent plus d’autonomie par rapport au modèle porté par les chambres d’agriculture. L’association Les fermiers du Comminges vient de lancer son site de vente en ligne www.comptoirspaysans.org dans le sillage du réseau des CIVAM (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural). Les producteurs gèrent eux-mêmes la coordination, et les livraisons ont lieu au coeur de Saint-Gaudens dans un restaurant qui se fournit en produits bio et locaux.
Aurélie de Varax
Sur la photo : un membre du drive fermier 82 récupère sa commande. Photo : jfp-chambre d’agriculture 82.