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Publié le jeudi 20 décembre 2018 à 17h53min par Julie Rimbert

Les pesticides d’Occitanie scrutés à la loupe

Une campagne inédite de mesures des produits phytosanitaires a été lancée par l’observatoire de la qualité de l’air Atmo Occitanie. A terme, l’objectif est d’accompagner les agriculteurs dans leurs pratiques, grâce à des données fiables.

L’observatoire de la qualité de l’air Atmo Occitanie participe à une campagne nationale de mesures des produits phytosanitaires présents dans l’air. Si cette vaste étude a été lancée par l’Anses, l’observatoire local a défini huit sites de mesures en Occitanie afin de scruter la présence de cinquante molécules dans l’air. A l’heure actuelle, ces produits, utilisés par l’agriculture mais également les particuliers, ne font l’objet d’aucune réglementation française ou européenne et leurs impacts sanitaires restent mal connus.

« L’objectif de cette campagne est, à terme, de prendre des décisions, de voir s’il est utile de réglementer l’usage de certains produits phytosanitaires, nous ne sommes pas là pour stigmatiser le monde agricole », assure Thierry Suaud, le président d’Atmo Occitanie. « Elle doit s’inscrire dans une volonté politique d’agir et d’accumuler des données dans la durée ».

Baisse des niveaux de concentration

Des capteurs d’Atmo ont ainsi été installés dans le Laurageais, à Belesta, dans une zone de grande culture de céréales et d’oléagineux. Depuis 2014, trois campagnes de mesures de phytosanitaires ont été réalisées dans cette région, dont une toujours en cours. Deux partenariats ont permis d’effectuer ces mesures en 2014 et 2015 avec le Conseil départemental de Haute-Garonne et en 2016 et2017 avec la région Occitanie. Soixante molécules ont ainsi été recherchées dont vingt-trois fongicides, vingt-deux herbicides et quinze insecticides.

« En 2016-2017, huit molécules ont été détectées contre quatorze en 2014-2015 », détaille Dominique Tilak, directrice général d’Atmo Occitanie. « Nous avons aussi un premier indicateur à confirmer dans le temps puisque les niveaux cumulés de concentration sont trois fois moins importants que ceux mesurés en 2014-2015 ». En 2015, une précédente étude avait pointé un pesticide interdit, le lindane, interdit d’usage depuis 1998. Cette substance n’a pas été retrouvée l’année suivante.

Selon une étude récente publiée par Générations Futures, l’Occitanie est l’une des régions où la vente de pesticides a été l’une des plus importantes en 2017. « Ce diagnostic sur le long terme va permettre de modifier les pratiques », assure Agnès Langevine, vice présidente de la région Occitanie en charge de la transition écologique. « On veut un diagnostic fiable partagé par tous les acteurs dans un but de protection des populations et d’accompagnement des agriculteurs dans la transition agricole ».
Julie Rimbert

Sur la photo : Agnès Langevine et Thierry Suaud présentent le capteur permettant de mesurer la concentration dans l’air de produits phytosanitaires. Crédits : DR