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Publié le vendredi 19 juin 2015 à 19h32min par Virginie Mailles Viard

Les lauréats des Trophées de l’eau Adour-Garonne

En ouvrant les portes du futur de l’eau à la nouvelle et au court-métrage, les Trophées de l’eau 2015 Adour-Garonne, en font le miroir de notre rapport au monde. Les dix lauréats couronnés le 19 juin, rendent un hommage sombre à une ressource en danger.

En 2041 se tient la 25e convention internationale de l’environnement. Elle doit apporter des réponses immédiates à une terre désormais quasi-désertique. Mais une île en particulier est rivée à son poste de télévision, suspendue aux lèvres de Kyzo Wong, président du conseil de l’ONU : sur l’île Makin, dévorée par l’océan Pacifique, l’eau potable n’est plus qu’un souvenir. Cette nouvelle, Glass of water, signée d’Alexia Moreau, lauréate et coup de coeur du jury 2015 des Trophées de l’eau Adour-Garonne, partage ses lauriers avec le court-métrage de Maximilien Ray, et la nouvelle Recharge !, d’Anaël Verdier. Quand l’eau pure est le monopole d’une entreprise, que les crédits d’eau sont rationnés, qu’il faut choisir entre boire et prendre une douche, il ne reste qu’une solution : que chacun trouve le moyen de filtrer son eau, au péril de sa vie.

Et si, dans le futur, l’eau n’existait plus ?

Raconter, filmer, pour sauver l’eau et ses usages, et croire dans les vertus du récit pour prendre la mesure de l’implication des générations dans la question de l’eau, c’est le pari réussi de l’édition 2015 de ces Trophées de l’eau, portés par l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Collégiens, élèves de primaire, lycéens, amateurs et professionnels, ont délivré leur vision de l’eau du futur. Et dans le futur, l’eau n’existe plus, ou tout du moins, plus sous la forme actuelle. L’eau de pluie est acide, polluée. Voire quasi-inexistante, comme dans la nouvelle de l’auteur toulousain Richard Mesplède, où le vaisseau La Corne d’Abondance traque sur d’autres planètes la présence d’eau pure.

Si Les Trophées de l’eau étaient, à l’origine, principalement dédiés aux innovations exemplaires, une partie a toujours récompensé les démarches pédagogiques et artistiques. C’est ce petit ruisseau là que l’Agence a souhaité voir grandir. Pour son opus 2015, elle en a élargi et rallongé les rives, proposant désormais à l’ensemble des habitants du bassin Adour-Garonne de participer à un concours littéraire et cinématographique sur l’avenir de l’eau. En ouvrant les vannes de l’imaginaire collectif, elle a vu affluer plus de deux cents contributions à cette projection futuriste, sous la thématique, « L’eau et le futur, le futur de l’eau ».

Un fleuve d’écrits et d’images, où dix lauréats ont séduit un jury d’experts composé entre autres de l’écrivain toulousain Pascal Dessaint, du réalisateur bordelais de web-documentaires, Laurent Philton. Et en figure de proue, le navigateur Yves Parlier, « Un navigateur d’exception, et un innovateur qui réalise un hydro-planeur fonctionnant à l’énergie éolienne et solaire », souligne Isabelle Piques, chargée de communication Adour Garonne. « Ces Trophées 2015 démontrent la prise de conscience des générations. Yves Parlier a été surpris par la tonalité sombre des oeuvres, qui soulignent l’urgence de réflechir à l’avenir de l’eau. »
Les nouvelles primées feront l’objet d’un recueil édité par l’Agence de l’eau Adour-Garonne.
Virginie Mailles Viard

Sur la photo : Trophées de l’eau, édition 2015. Crédit photo Didier Taillefer.