ToulÉco Green

Publié le jeudi 22 janvier 2015 à 16h20min par Virginie Mailles Viard

Les feux de cheminées : alertes aux particules

Energie propre, la combustion du bois chez le particulier doit pourtant se faire dans certaines conditions. Si les foyers ouverts ne chauffent pas et polluent, les équipements modernes permettent de profiter d’une énergie renouvelable économique.

« Épisode pollution. Sur l’agglomération toulousaine, l’Oramip mesure une forte concentration de particules en suspension (PM10) dans l’air ambiant supérieure à 50 microgrammes par mètre cube (µg/m3) pour la journée du 3 janvier 2015. Les concentrations moyennes mesurées s’élèvent, ce jour, à 76,5 µg/m3 sur l’agglomération.  » Ces alertes-là proviennent de l’Oramip, l’observatoire régional de l’air en Midi-Pyrénées. Il enregistre les concentrations des particules en suspension dans l’air ambiant et envoie un message d’alerte dès que le seuil est dépassé. Des particules qui proviennent du trafic routier, des dispositifs de chauffage, des industries, ou peuvent être d’origine naturelle, précise l’Oramip dans ses communiqués.

Le chauffage au bois : une énergie renouvelable

Plus de 7 millions de français l’utilise pour se chauffer. Le bois, plébiscité pour son faible coût, est également dans le viseur du Grenelle de l’environnement, qui souhaite voir doubler sa consommation d’ici 2020. Parce qu’il demeure une énergie propre, et renouvelable. Le CO2 rejeté lors de la combustion est récupéré pour faire pousser un autre arbre, en soi le cycle du bois est donc vertueux. Ses émissions de gaz à effet de serre sont onze fois inférieures au fuel, ce qui en fait un auxiliaire de poids contre le réchauffement climatique. Mais, le chauffage au bois émet des particules, rappelle Elisabeth Toutut-Picard, adjointe au maire en charge du développement durable : « Les proportions de particules PM10 ( diamètre inférieur à 10 microns) et PM2.5 engendrées par le chauffage au bois - foyers ouverts, poêles et inserts confondus - sont respectivement de 35% et 45% par rapport à toutes les autres sources d’émission (transports, industries, agriculture..). Ces données résultent d’une méthodologie nationale d’évaluation, car il est impossible aujourd’hui de chiffrer concrètement la part de ces différents modes de chauffage au bois sur Toulouse Métropole. »

Foyers ouverts, foyers fermés

Ces particules ont des incidences sur la santé, dès qu’elles atteignent la taille fatidique de PM10. Or, comme le souligne Elisabeth Toutut-Picard, « La pollution liée aux foyers ouverts se caractérise par des émissions de particules PM10 / PM2.5. Plus les particules sont petites, plus elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire entrainant des troubles respiratoires mais aussi cardiovasculaires et autres pathologies. Il est important de préciser que les foyers ouverts sont en moyenne huit fois plus émissifs que les foyers fermés et ont des rendements énergétiques bien inférieurs. » Or les foyers ouverts représentent à eux seuls « plus de la moitié de ces émissions dues au chauffage au bois », selon la Driee [1] . Et leur pollution s’installe également durablement dans les habitations, attaquant l’air intérieur. Il s’agit donc de s’équiper de poêles à bois performants, dont la technicité permet une vraie combustion de la matière. « Si le foyer ouvert émet plus de particules, c’est que non contenu dans un espace clos, le bois brûle mal. » précise Hervé Cheramy, responsable de la division prévention des nuisances à la DREAL [2].

Interdire les foyers ouverts, mission impossible ?

Pour limiter cette pollution, il faudrait pouvoir quantifier sa part de responsabilité dans les émissions polluantes. Mais L’Oramip ne dispose pas aujourd’hui de ces données chiffrées. « Elles nous manquent cruellement reconnaît la direction. Si nous savions combien de foyers ouverts sont utilisés, nous pourrions évaluer précisément la quantité de particules émises, et les mettre en perspective avec par exemple la voiture. » Pourrait-on envisager alors de questionner les toulousains sur leurs us et coutumes ? Non, répond Elisabeth Toutut-Picard qui juge « impossible d’avoir ce type de renseignement à l’échelle de plus de 700.000 habitants de Toulouse Métropole. Un questionnement à ce sujet lors du recensement de la population serait le seul moyen d’avoir des données fiables, mais l’opération du recensement n’a pas vocation à porter ce type d’enquête. »

Pourtant, ces foyers ouverts sont déclarés responsables à 23% de la pollution en Ile de France. A quand des "smoke control areas" - zones de fumées surveillées - comme en Angleterre, qui permettent de limiter la pollution ambiante ?

Virginie Mailles Viard

Notes

[1La direction régionale et interdépartementale de l’énergie et de l’environnement

[2La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Midi-Pyrénées

2 Commentaires

  • Le 23 janvier 2015 à 10:15 , par Jérôme

    Savoir que la mauvaise combustion associée au mauvais rendement, des foyers ouverts émet plus de particules que les foyers fermés semblent suffisants pour les interdire comme cela se fait ailleurs, non ?
    Mais les différents élus ayant par exemple toujours décrété normaux les stationnements sauvages sur les passages piétons, trottoirs, potelets, bateaux, pistes cyclables, zébras et autres zones interdites alors qu’ils sont visibles, cela m’aurait surpris qu’ils s’attachent à engager une action pour la collectivité toute entière si cela n’est pas visible.

  • Le 27 janvier 2015 à 09:58 , par maryse

    il ne faut pas passer sous silence que les résidus de la combustion du bois contiennent des hydrocarbures aromatiques polycycliques HAP cancérogènes , dont le benzopyrène : Les HAP sont généralement associés à des particules en suspension, en particulier celles des gaz d’échappement des moteurs Diesel et des suies de charbon de houille ou de bois, auxquelles l’homme est susceptible d’être exposé dans l’air. Le benzopyrène est souvent utilisé pour exprimer l’exposition globale aux HAP dans l’air car il se retrouve habituellement majoritairement adsorbé à des particules aéroportées (d’où le danger des feux de cheminées en particulier). source : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=373

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