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Publié le jeudi 14 janvier 2016 à 23h33min par Aurélie de Varax

Les établissements de santé et médico-sociaux régionaux s’attaquent aux biodéchets

2016 sonne l’entrée en vigueur de l’obligation de valoriser ses biodéchets à partir de dix tonnes annuelles. Le réseau Qualité en Midi-Pyrénées présente les résultats d’une opération régionale pionnière de lutte contre le gaspillage alimentaire.

30.000 tonnes. C’est le gisement de biodéchets produit chaque année par les 1800 établissements de santé et médico-sociaux de Midi-Pyrénées. Un chiffre extrapolé d’une étude lancée par le Requamip, le Réseau Qualité en Midi-Pyrénées [1], auprès de 200 établissements. L’enjeu ? Sensibiliser les acteurs, y compris de petite taille, sur la question des biodéchets avec l’entrée en vigueur cette année de la nouvelle réglementation qui oblige la valorisation à partir de dix tonnes produites par an.

« La question du gaspillage alimentaire est très présente dans notre secteur car nos patients peuvent subir une perte d’appétit ou une altération du goût. Avec le soutien financier de l’Ademe, nous avons lancé sur 2015 une campagne de sensibilisation auprès de notre réseau qui s’est traduite par une opération de pesée auprès de 200 établissements volontaires pour mesurer le gisement de biodéchets », expose Martine Giusti, chargée de mission RSE pour le Requamip. Le résultat évalue une production moyenne de 200 grammes par repas, correspondant aux déchets issus de la légumerie, la préparation des repas et les retours des plateaux. Sans compter les émissions de GES, ce gaspillage aura désormais un triple coût : celui du produit non consommé, celui du traitement du déchet et celui de la nouvelle taxe. « Nous souhaitons poursuivre cette étude en 2016 en invitant de nouveaux établissements dont ceux issus de Languedoc-Roussillon et mettre en place un ou plusieurs groupes de travail sur différentes solutions », annonce Martine Giusti.

Un projet collaboratif initié par le Centre hospitalier de Cahors

Sur le terrain, les acteurs se mobilisent déjà, comme le centre hospitalier de Cahors qui distribue 300.000 repas annuels. Dans la récupération des biodéchets, ce qui coûte le plus cher, c’est le transport. L’idée est donc de construire des solutions locales et rentables par rapport à la taxe sur les ordures ménagères. Avec quatre autres acteurs du département du Lot, le centre hospitalier de Cahors a lancé un projet pionnier, en lien avec le Syded, le syndicat départemental qui gère les déchets. « Le Syded planche sur la mise en place de nouvelles machines qui seraient installées par secteur pour permettre le traitement sur place des biodéchets de plusieurs établissements, » précise Alexandre Lecoustre, responsable qualité du centre hospitalier. Le choix de la machine adéquate est en cours et les premiers tests devraient démarrer en juin. L’objectif est ensuite d’étendre le projet dans le département aux établissements publics et aux écoles.

« Nous travaillons également sur la réduction des biodéchets à la source via la proposition de demi-plateaux, la soupe à la demande et le remplacement des boules de pains par du pain artisanal tranché qui est plus apprécié », ajoute Alexande Lecoustre.
Aurélie de Varax

Sur la photo : M Bonnery et M. Delsahut les responsables de la restauration du centre hospitalier de Cahors, en train d’effectuer une pesée des biodéchets.

Notes

[1Composée de qualiticiens mais aussi de directeurs et de médecins du secteur médico-social et de la santé représentant environ 400 établissements, cette association favorise le partage d’expériences entre les professionnels de santé dans les champs de la gestion des risques et de la démarche qualité pour améliorer la prise en charge des patients.