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Publié le jeudi 23 novembre 2017 à 15h40min par Aurélie de Varax

Les Jardins du Volvestre, premier chantier d’insertion à basculer en SCIC, en France

L’association des Jardins du Volvestre vient de basculer en Société coopérative d’intérêt collectif. Une première nationale pour un chantier d’insertion. La structure qui fait partie des douze Jardins de Cocagne d’Occitane, livre 400 paniers de légumes chaque semaine.

C’est une première en France qui ouvre la voie. Les jardins du Volvestre, association sous convention « chantier d’insertion » basée à Salles Sur Garonne, réunissait mardi ses sociétaires pour créer officiellement une SCIC, société coopérative d’intérêt collectif. « Nous travaillons depuis un an en lien avec les service de l’État pour construire des statuts qui puissent concilier notre conventionnement en chantier d’insertion qui insiste sur le caractère non lucratif de notre activité avec celui d’une Société coopérative d’intérêt collectif. Les statuts de Scic qui ont été votés mardi n’incluent pas de versement de dividendes aux sociétaires ni d’évolution à la hausse des parts sociales », expose Laurent Durrieu, directeur des jardins du Volvestre et directeur adjoint du groupement Cocagne Haute Garonne.

Ce changement permet l’entrée de 52 sociétaires dans la nouvelle gouvernance dont quatre collectivités locales, des salariés permanents et en insertion, des agriculteurs ainsi que des partenaires socio-économiques notamment dans le domaine de la formation. De quoi permettre aux Jardins d’amorcer leur changement d’échelle.

Un outil de développement du territoire

Il faut dire que depuis 2011, la structure participe activement au développement durable du territoire par son activité de maraichage en agriculture biologique sur deux hectares mais également de logistique pour le secteur agricole auxquels s’ajoutent divers chantiers comme le débroussaillage des chemins de randonnées. Le tout en contribuant à l’emploi local via l’accueil de trente salariés en insertion chaque année. « Depuis cinq ans, nous avons accompagné 150 salariés sur deux ans maximum dont la moitié ont accédé à une formation diplômante », précise le directeur.

La structure compte par ailleurs cinq salariés permanents déjà très impliqués dans la gouvernance et livre 400 paniers bios par semaine composés de ses propres produits ainsi que de ceux de quelques agriculteurs partenaires. Bref, la bascule vers le statut d’une gouvernance partagée en SCIC n’a pas posé problèmes. Fort d’un chiffre d’affaires annuel de 260.000 euros, l’association était de plus déjà soumise à l’impôt.

Un projet de plateforme logistique

La nouvelle Scic va maintenant pouvoir renforcer ses collaborations avec les collectivités et les agriculteurs du territoire et professionnaliser son activité grâce à son projet de « Relais Cocagne Haute-Garonne » : une plateforme logistique et commerciale dont la construction devrait démarrer fin 2018. « L’objectif est de pouvoir assurer le stockage, la préparation, le conditionnement de nos produits et ceux de nos agriculteurs partenaires et à terme développer une activité de conserverie et de production de légumes sous-vide pour la restauration collective », précise Laurent Durrieu.

Pour réunir les 400.000 euros nécessaires, la recherche de financements auprès des collectivités locales, de l’Europe et des fondations d’entreprise est en cours afin de limiter l’emprunt bancaire. Ce projet devrait générer la création de dix emplois en insertion et d’un salarié permanent. A partir de 2020, les Jardins prévoient une croissance annuelle de 20% du chiffre d’affaires.
Aurélie de Varax

Sur la photo : une équipe de salariés en insertion des Jardins du Volvestre. DR