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Publié le jeudi 31 mai 2018 à 16h18min par Aurélie de Varax

Le toulousain Climate City ouvrira son premier démonstrateur dédié à l’adaptation des villes au risque climat fin 2018

Lancé en 2016, Climate City veut mesurer, grâce à des ballons et des drones, l’incidence du climat au dessus des mégalopoles mondiales et produire des recommandations pour les aider à s’adapter. Elle prévoit un premier démonstrateur d’ici fin 2018 à Lille et un second à Québec.

Responsables de 66% des émissions mondiales de gaz à effet, les villes sont l’acteur principal du changement climatique. Et en sont les victimes en terme de pollution de l’air et d’îlots de chaleur urbain. Co-créée en 2016 à Toulouse par Yves Tourre, chercheur rattaché à la Columbia University (New-York) conseillé du Cnes et Laurent Husson, expert de l’innovation et du marketing spatial, le projet Climate City est né de la conviction que l’innovation spatiale peut aider à comprendre l’impact du changement climatique des villes.

Fort de deux ans de recherche et développement menés avec des partenaires dans le monde entier, la start-up finalise actuellement deux levées de fonds au Canada et en Europe pour déployer ses deux premiers démonstrateurs Climate Birds : des centres technologiques pour le pilotage et la maintenance de ses drones et C-birds - des ballons gonflés à l’hélium de trente mètres cube équipés d’instruments de mesure -, et l’exploitation de leurs données. Le premier centre devrait être lancé à Lille fin 2018.

Fournir des données, quartier par quartier

« Climate City va devenir opérateur d’une technologie aérospatiale simple : le déploiement de drones et de C-birds équipés d’instruments de mesure. Ils auront la capacité permanente de fournir des données à tous les acteurs de la ville sur trois problèmes majeurs : l’émergence du phénomène d’ilots de chaleur urbain, la pollution de l’air et l’anticipation des catastrophe naturelle notamment les innondations », énonce Laurent Husson, président de Climate City. De quoi permettre de modéliser le climat des villes et les risques associés à moyen et long-terme, ce qu’aucun outil aérospatial disponible actuellement ne permet de réaliser. « Les clients abonnés à nos services seront toutes les parties prenantes de la ville : - urbanistes, politiques, opérateur de l’eau, de l’électricité et des transports -. Nous leur fournirons les données utiles, quartier par quartier, permettant de s’adapter de façon cohérente te harmonisée face aux impacts locaux du changement climatique. »

Le dirigeant précise que dans le monde 1700 villes pourraient être clientes, « des villes de plus de 300.000 habitants, en pleine croissance ». Climate City ciblera d’abord les 550 villes de plus d’un millions d’habitants à commencer par les grandes mégalopoles des pays émergents. Depuis deux ans, nous tissons des relations sur les trois continents, fort du Grand prix Générali « Meilleure initiative liée au changement climatique » que nous avons reçu à l’occasion de la Cop 21« . L’entreprise est également lauréate du Ministère de l’environnement dans le cadre de l’initiative »100 projets mondiaux pour le climat" ainsi que du Village By CA Paris, réseau initié par le Crédit agricole dédié à l’open innovation.

Une filière d’excellence

Parmi ses partenaires stratégiques et techniques, Climate City compte des scientifiques de premier rang à commencer par l’Université de Columbia sur les aspects d’hydrologie et de traitement statistiques des données et le laboratoire expert des phénomènes d’ilots de chaleur urbain de la Nasa en Alabama. Côté techniques, la start-up s’appuie sur de nombreux partenaires dont le marseillais A_NSE, fabriquant exclusif du ballon C-Birds et l’opérateur de systèmes toulousain Groupe CS qui assure l’ensemble du développement informatique.

Deux millions d’euros ont été investis dans le projet depuis deux ans par les sept associés ainsi que des levées de fonds en obligations convertibles, pour définir l’ingénierie du système et valider toutes les briques d’un point de vue opérationnel. Les deux levées de fonds en cours - 6 millions d’euros au Canada et deux millions d’euros en France - permettront de commencer l’installation des deux premiers centres de recherche et d’opérations pour le déploiement des Climate Birds sur les deux continents, l’un à Trois-Rivières (Quebec), l’autre à Lille. Des discussions sont en cours avec Bangalore, en Inde. Outre les ressources allouées par les partenaires, l’équipe du projet compte actuellement dix collaborateurs, essentiellement à Toulouse et prépare une websérie produite au Québec pour initier un programme d’éducation sur la notion spécifique de « climat urbain ».
Aurélie de Varax

Sur les photos : un ballon captif TC60 au sol, avant d’être déployé et en l’air, vu du sol. Photo A-NSE.