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Publié le jeudi 16 mars 2017 à 19h30min par Aurélie de Varax

Le satellite Microcarb sera un allié précieux de la gouvernance climatique mondiale

Initiée par le Cnes, la mission Microcarb a été officiellement lancée à Toulouse le 10 mars, dotée de 75 millions d’euros par l’État. Objectif : cartographier les concentrations de CO2 sur la planète et, à terme, repérer les mauvais élèves.

Les satellites météo ont été les premiers témoins du réchauffement climatique. Ensuite, les satellites d’observation des océans ont confirmé son impact sur le relèvement des eaux du globe. Place maintenant à la mesure des émissions de CO2 dans chaque région : c’est le défi qu’entend relever la mission Microcarb lancée vendredi 10 mars au Centre spatial de Toulouse.

"C’est un moment historique du projet Microcarb. Avec l’annonce du financement du projet à hauteur de 75 millions d’euros dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir, la France sera le première pays européen à lancer un satellite de mesure des émissions de CO2 dans l’atmosphère. C’est un marqueur fort dans l’histoire de la lutte contre le réchauffement climatique", a déclaré Ségolène Royal en déplacement à Toulouse pour cette occasion. Entre le Cnes, maitre d’oeuvre de la composante spatiale, Airbus Defence & Space qui réalisera l’instrument optique et les laboratoires de recherche associés, Microcarb mobilise plus de cent cinquante personnes et nécessitera 175 millions d’euros de financement dont 65 millions restent à financer.

Objectif final : le contrôle des émissions de gaz à effet de serre

Destiné à être lancé en 2020, MicroCarb a achevé sa phase d’études et passe en production. Il aura pour mission de cartographier, à l’échelle planétaire, les sources et les puits du gaz carbonique. L’enjeu est de caractériser les flux de gaz carbonique à la surface de la Terre, afin de mesurer les quantités émises par les activités humaines et les quantités absorbées par les écosystèmes - océans, végétation, sols -, et comprendre les mécanismes d’échanges.

Depuis l’espace, Microcarb n’aura besoin que de deux semaines pour balayer la totalité de la surface du globe. Il restera cinq années en orbite prenant la relève du Japon qui a lancé Gosat en 2009. Par rapport au dispositif de la Nasa qui repose sur le satellite OCO-2, Microcarb est "plus compact et plus précis", précise François Buisson, chef du projet au Cnes. "Microcarb sera un cube de 60 centimètres de côté, trois fois plus léger. Il n’a besoin que de 60 watts pour fonctionner avec une très grande précision de l’ordre de un ppm (partie par million). Il mesurera le rayonnement du soleil après avoir été réfléchi par la Terre. Dans cet aller-retour, ce spectre est modifié par le contenu chimique de l’atmosphère, notamment par les molécules de CO2 qui absorbent une partie du rayonnement solaire. Microcarb comparera alors le spectre réfléchi par la Terre au spectre initial. »

A terme, l’idée qui circule est de vérifier, depuis l’espace, les émissions de gaz à effet de serre de chaque pays. "Ce sera une façon de suivre la diminution de CO2 par pays en temps réel : qui sont les pays en difficulté, qui sont les pays qui font des efforts, ce qui va tout changer sur l’accélération des actions nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique", assure Ségolène Royal.
Aurélie de Varax

Photos Rémy Gabalda