ToulÉco Green

Publié le vendredi 24 mars 2017 à 08h30min par Aurélie de Varax

Le premier parc d’écologie industrielle prend racine dans le Tarn

Dossier - première partie

Le Parc d’activités Les Portes du Tarn est le premier en France à miser sur l’écologie industrielle dès sa conception. 2017 est une année charnière avec la livraison des outils de monitoring et l’installation du premier résident : Vinovalie.

Nous sommes en 2040. Sur 196 hectares aux Nord-Est de Toulouse s’étend une zone d’activités d’un genre nouveau avec une majorité d’entreprises industrielles mais aussi des commerces et des activités agricoles, de loisirs et de services. Et tous fonctionnent en écosystème, partageant des exigences environnementales élevées. Fini le gaspillage et les déchets, place à l’écologie industrielle qui optimise l’utilisation de la matière et de l’énergie. Les entreprises utilisant de la chaleur récupèrent celle des autres ou sont reliées au réseau de chaleur collectif alimenté en CSR (combustibles solides de récupération) par les voisins. L’eau circule en circuit fermé grâce à des roseaux nettoyeurs qui mangent les effluents. Les déchets des uns servent de matière première aux autres sur la Zac mais aussi en réseau élargi avec deux-cent entreprises locales. Le remplissage des camions est mutualisé ainsi que celui de containers qui repartent en ferroutage.

C’est ce projet « nouvelle génération » que porte la SPLA Les Portes du Tarn depuis 2011, une opération évaluées à 87 millions d’euros échelonnée sur trente ans qui promet 2200 emplois directs ainsi que l’endiguement du phénomène cité-dortoir de Saint-Sulpice, la ville frontalière. Si ce projet réalise ce qu’il promet, il préfigure la zone d’activité industrielle du futur et fera office de démonstrateur national, d’ici cinq ans.

Des doutes à lever

Comme tout projet novateur, la Zac n’échappe pas à ses détracteurs. « Ils veulent faire accepter la zone avec la présence d’entreprises classées ICPE en faisant de l’écologie industrielle. Nos avons entendu des discours contradictoires sur le projet environnemental. Nous attendons un cahier des charges concret, » souligne François Rivals, conseiller municipal Europe Écologie à la Bastide Saint-Georges. Si les réunions de concertations ont fait évoluer le projet avec l’ajout de dix-neuf hectares dédiés à des projets agricoles, l’abandon des candidats Seveso et une nouvelle ambition sur la biodiversité et la métrologie, les attentes sont grandes et la Zac doit encore faire la preuve de son concept.

Alors que la commercialisation du site monte en puissance avec l’ouverture mi-mai de l’échangeur autoroutier n°5 de l’A68 Toulouse-Albi qui va permettre le contournement de Saint-Sulpice et l’accès direct au parc depuis l’autoroute, 2017 annonce des réalisations concrètes comme l’installation de la coopérative Vinovalie, dotée un projet environnemental exigent ainsi que la livraison de l’outil informatique de pilotage de la démarche d’écologie industrielle. Fruit du travail de recherche Coprei [1] cofinancé par la SPLA et l’Ademe depuis deux ans, cet outil est piloté par l’Institut National Polytechnique de Toulouse. « Sur 2017, nous devons avancer sur la question de la gouvernance du projet car c’est ce qui conditionne sa réussite - comment inciter les entreprises à collaborer ? Sur quels leviers construire ? Faut-il un règlement ou un cahier des charges ? -. La médiocrité ne sera pas acceptée mais aujourd’hui, cela doit être inscrit dans le marbre », martèle Cyril Addoue, chef du projet Coprei.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Vue aérienne à terme des Portes du Tarn - perspective non contractuelle. Photo Mutabilis Paysage et Urbanisme.

Lire la seconde partie du dossier "Vinovalie, premier de cordée aux Portes du Tarn"
Retrouvez le 30 mars la troisième partie du dossier : « Le pari de l’écologie industrielle »

Notes

[1Conception d’un Parc d’activité sur les Principes de l’Ecologie Industrielle