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Publié le jeudi 4 mai 2017 à 17h30min par Aurélie de Varax

Le plan régional déchets est sur les rails

Plus de 250 acteurs du secteur déchets étaient présents à Castelnaudary, le 27 avril, pour une journée d’échanges sur le plan régional déchets. Agnès Langevine,vice-présidente de la Région en charge de la transition écologique et énergétique, en livre les enjeux.

Quel est le rôle et l’objectif du plan régional déchets ?
Agnès Langevine : La loi Notre (août 2015) a conféré aux régions la compétence de planification, de prévention et de gestion des déchets qui était jusqu’alors dévolue aux départements. Nous sommes dans une phase de lancement de l’élaboration du plan qui concerne l’ensemble des déchets à l’exceptions des déchets radioactifs. C’est un plan planifié à six et à douze ans ce qui nous mène à 2032 avec des objectifs fixés à 2050. Nous avons consacré ces derniers mois à établir un état des lieux régional et un diagnostic de la thématique déchets, tant sur les plans quantitatif que des dispositifs mis en place sur les territoires ainsi que des capacités de traitement. C’est ce diagnostic que nous avons présenté le 27 avril à Castelaudary à plus de 250 acteurs du secteur, ainsi que la méthode que nous souhaitons partager avec eux pour co-construire. L’objectif est de répondre aux objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte. C’est une loi très ambitieuse, et je m’en réjouis. Actuellement, l’Occitanie est dans la moyenne nationale mais les objectifs sont si ambitieux que nous allons avoir une marche très importante à monter et il faudra actionner des leviers très forts.

Quels sont les principaux enseignements du diagnostic ?
Pour l’ensemble des déchets, nous sommes autosuffisants en terme de collecte et de capacité de traitement et de stockage, mais nous avons à mieux gérer la répartition des installations sur le territoire au nom du principe de proximité. En 2014, nous avons évalué à 18 millions de tonnes la quantité de déchets sur le périmètre Occitanie dont 11,5 de tonnes issues du BTP. Ensuite viennent les déchets ménagers (3,4 millions de tonnes) et ceux des activités économiques (3 millions de tonnes). Sur le bâtiment, nous sommes à 8 millions de tonnes de déchets captés. Cela veut dire que nous avons encore trop de décharges sauvages. Nous devons identifier les flux et répondre par une filière de collecte et de recyclage de proximité bien répartie sur le territoire pour atteindre de façon satisfaisante l’objectif de 70% imposée par la loi d’ici 2020. Sur les déchets ménagers, il faut réduire les quantités de déchets de 10% d’ici 2020 et recycler de 55% tous les déchets non dangereux. Nous sommes dans la moyenne nationale, à 40%. Sur les déchets des activités économiques, nous sommes bons sur le recyclage mais le défi, c’est la réduction à la source et l’éco-conception. Sur l’amont, il y a aussi le tri et la lutte contre le gaspillage alimentaire qu’il faut muscler. Enfin, c’est aussi notre ambition de faire des déchets une opportunité en matière de développement économique et d’innovation pour créer de nouveaux marchés. Je rappelle que ce secteur représente plus de 500 entreprises dans la région et plus de 4000 emplois qu’il va falloir accompagner dans cette transition.

Quels seront les grands leviers d’action ?
L’économie circulaire est le fil rouge de notre politique. Ce principe est inscrit dans la loi de transition énergétique puisque nous devons articuler ce plan régional déchet sur un programme régional d’action en faveur de l’économie circulaire. Côtés leviers, nous actionnerons ceux de la commande publique, des soutiens aux projets et la mobilisation des politiques sectorielles. Il y a aura aussi le soutien à la formation et l’accompagnement social pour des métiers en pleine mutation. Côté enjeux, nous voulons soutenir fortement la collecte et la valorisation des biodéchets. Sur la réduction des déchets à la source - notre région doit détourner 750.000 tonnes du stockage avant 2025 - nous n’avons pas de pouvoir d’obligation sur la mise en place de tarifications incitatives sur les déchets ménagers mais nous pouvons dire que l’on va bonifier par exemple les aides financières pour les collectivités qui se seront engagées.

Quelles sont les prochaines étapes ?
L’élaboration du plan démarre fin juin avec l’installation de la Commission consultative régionale qui va piloter six groupes de travail sectoriels par filières et des groupes de travail territoriaux qui vont nous permettre de répartir les objectifs pour que chacun prennent sa part. Nous espérons que cela se fera de façon très participative et partagée. Le plan sera validé fin 2018, début 2019 mais nous n’allons pas attendre le vote pour commencer à soutenir les collectivités et les entreprises. En juin dernier, nous avions déjà préfiguré le premier appel à projet sur l’économie circulaire. Nous allons monter en charge, en dispositifs, au fur et à mesure de l’élaboration du plan.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo Antoine Darnaud.