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Publié le mercredi 29 janvier 2014 à 18h32min par Julie Rimbert

Avec Le Nouvel Herbier, le métier d’herboriste reprend racine à Toulouse

Face à la demande, une herboristerie a ouvert depuis un mois dans le quartier Esquirol à Toulouse. Spécialisée dans le bien-être, la boutique a déjà trouvé son public, adepte des médecines douces.

Après cinquante-six ans d’absence, l’herboristerie revient dans le centre-ville de Toulouse. La boutique Le Nouvel Herbier, a ouvert à la mi-décembre dans le quartier Esquirol. C’est le groupe Natura Mundi, spécialisé dans la vente de compléments alimentaires, qui s’est lancé dans ce nouveau marché qui a le vent en poupe depuis une dizaine d’années grâce au retour des consommateurs vers les médecines douces.

Car depuis 1941, le métier d’herboriste n’existe plus officiellement. Seuls les pharmaciens ont le monopole de la vente et du conseil en matière de plantes médicinales. La législation actuelle permet à des non-médecins et des non-pharmaciens de vendre des plantes à usage physiologiques, à condition de ne pas conseiller de plantes médicinales. Cent quarante-huit plantes de la pharmacopée peuvent actuellement être vendues en herboristerie. Et la demande est bien là.

« La population ne fait plus confiance à notre système de santé, ce qui entraîne certaines personnes à se soigner par eux-mêmes, autrement », souligne Jean-François Astier, le gérant du Nouvel Herbier. « Notre connaissance des plantes n’est pas en opposition avec les compétences du médecin ou du pharmacien mais plutôt complémentaire. Nous ne cherchons pas à soigner une maladie ou faire de la prévention mais seulement à participer à l’entretien du corps. Nous proposons aux consommateurs des traitements qui vont dans le sens qu’ils décident, en les conseillant sur les différentes vertus des plantes ».

Améliorer le bien-être

Seul magasin de Toulouse spécialisé dans ce commerce, Le Nouvel Herbier, qui compte deux salariés, table sur un chiffre d’affaires de 500.000 euros pour 2014. Si certains pharmaciens proposent déjà des plantes dans leurs officines, l’installation du commerce ne les inquiète pas. « On constate en effet qu’il y a de plus en plus d’adeptes intéressés par ces méthodes alternatives », assure Claude Malgouyard, coprésident du syndicat des pharmaciens de Haute-Garonne. « Il vaut mieux se soigner avec des plantes que de prendre des médicaments nocifs ».

Tisane hépatique apaisant les douleurs au foie, huile anti-poux, jus de grenade pour la prostate, huiles essentielles, myrtille pour les yeux ou rhodiola stimulant le système nerveux, près de trois cents produits sont disponibles à l’herboristerie. Ici, tout est fait pour améliorer le bien-être. On parle de santé, et non de maladie. Devant le succès du commerce, le patron est déjà confiant pour embaucher un troisième salarié. Car le conseil est important quand on vend des plantes. Beaucoup de curieux poussent la porte de la boutique. C’est le cas de Christiane, une mamie toulousaine qui habite le quartier.

« Je ne suis pas adepte des médecines douces mais mon mari apprécie ces traitements alternatifs aux médicaments, en particulier pour sa prostate », confie-t-elle. « Surtout que ces derniers ne sont pas contre-indiqués avec la prise de ces plantes. Je veux aussi connaître mieux les compléments alimentaires qui apparemment marchent bien ». Fabienne, une quinquagénaire, assure elle « utiliser des plantes depuis dix ans, comme les tisanes calmantes », et est donc ravie de ne plus aller s’approvisionner en produits sur les marchés.

La boutique se distingue aussi par ses choix environnementaux : le mobilier dispose du label PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières), l’éclairage se fait entièrement avec des Led à très basse consommation et son électricité provient à 100% de l’énergie solaire et éolienne par le fournisseur Enercoop.
Julie Rimbert

Photo Hélène Ressayres