ToulÉco Green

Publié le jeudi 21 décembre 2017 à 18h17min par Aurélie de Varax

Le Bio : grande cause régionale 2018

Le bio est un des piliers de la politique lancée par la Région en faveur de l’alimentation de qualité et de proximité, grande cause régionale 2018. A l’occasion de la présentation d’Interbio Occitanie, à Toulouse, Henry Bonnaud - son président - précise sa feuille de route.

Henry Bonnaud, quels sont les défis actuels de la filière bio en Occitanie ?
Henry Bonnaud :
Nous sommes la première région bio de France avec une augmentation des conversions de 10% chaque année ce qui nous mène à plus de 8000 agriculteurs actuellement. Le principal défi qui est multi-filière, est d’arriver à accompagner le développement de l’agriculture bio de notre région de façon durable, c’est à dire en faisant en sorte que les producteurs ne regrettent pas leur choix de conversion car ils s’y retrouvent au niveau rémunération. Et pour cela, la filière viande bovine par exemple n’est pas encore organisée correctement sur la région. Il faut une organisation notamment dans la finition des animaux pour intéresser les acheteurs avec du volume et il faut aussi que le prix revalorise le travail du producteur. C’est une filière à construire. Autre défi important : nous voulons mettre en place une politique de communication sur le produit au niveau de la région Occitanie pour nous démarquer et valoriser la consommation locale. Ce travail va être mené avec les entreprises et l’Irqualim.

En quoi la nouvelle organisation Interbio Occitanie peut-elle répondre à ces défis ?
L’interprofession est composée des cinq familles professionnelles qui interviennent sur le bio dans la vente organisée (par opposition à la vente directe). On y trouve la Fédération Régionale de l’Agriculture Biologique (Frab), la Chambre régionale d’agriculture, Coop de France Occitanie, Occitanie Entreprises BIO (Ovebio ) et SudVinBio. Toutes les sensibilités sont représentées et en équité dans la gestion grâce à une présidence tournante. C’est un lieu d’échange et de prospective afin de répondre au marché. Avec une organisation régionale, l’ensemble des acteurs des filières vont avancer avec une ambition commune. Une telle organisation devrait de pouvoir encadrer le développement du bio autour d’une même éthique et d’une recherche de valeur partagée entre les différents opérateurs. Nous avons déjà mis en place des comités technique par filières.

Une étude récente de la Coface souligne que la consommation de bio augmente plus vite que l’offre et que la France recommence à importer. Comment la filière régionale peut-elle répondre ?
C’est tout un ensemble mais aujourd’hui il s’agit bien sur d’optimiser les parcours techniques en mutualisant les manières de produire et les savoir-faire de chacun. Il faut aussi relever le défi de l’innovation au niveau de nouvelles gammes de produits. Mais avant tout, je reviens sur la nécessaire valorisation des prix des producteurs engagés en agriculture bio. Sur certaines filières ils sont au rendez-vous comme la filière viticole qui enregistre d’ailleurs un taux annuel de conversions de 21%, les fruits et légumes, les grandes céréales et le lait, mais pas sur d’autres comme la filière bovine. C’est à nous de savoir pourquoi et trouver les bons leviers. Avec des prix valorisants mais aussi par les débouchés locales, la transformation de matières premières au niveau local, le maintien d’entreprises dans un tissu local, je suis convaincu que nous pouvons nous démarquer des autres. Les produits importés sont peut-être moins cher mais ils n’ont pas la même qualité. Nous devons aider les consommateurs à faire la différence.
Propos recueillis par A.deV.

Photo Interbio.

La Région adopte son nouveau "Plan Bi’o"


Première Région bio de France, la Région Occitanie vient de confirmer son engagement en faveur de la filière en adoptant son nouveau « Plan Bi’o ». Construit autour de six axes stratégiques mobilisant l’ensemble des compétences de la Région (de la formation à l’accompagnement des entreprises en passant par la restauration scolaire ou la recherche), ce plan pluriannuel sera décliné sur la période 2018-2020.