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Publié le jeudi 28 novembre 2013 à 07h59min par Aurélie de Varax

Le Global compact, un outil au service des PME pour construire leur RSE

Mettre la responsabilité sociétale (RSE) à la portée des PME par une démarche structurée de progrès volontaires, c’est le pari du Global compact France. L’antenne française du Pacte mondial des Nations Unies est en campagne auprès des entreprises de Midi-Pyrénées.

Montrer aux PME de Midi-Pyrénées, novices ou engagées sur les sujets liés à la RSE, qu’elles ont intérêt à adhérer au Global compact, c’est l’objectif majeur de l’événement organisé ce jeudi 28 novembre par l’Adec-ns (l’Agence pour le développement économique et culturel Nord-Sud). « C’est la plus importante initiative internationale en matière de développement durable, explique Charlotte Frérot, chargée de mission au Global compact. Elle rassemble des parties prenantes très différentes : entreprises, associations, universités…"

Toutes s’engagent à respecter les valeurs du Global compact. » En clair, elles doivent formaliser chaque année une Communication sur le progrès (Cop), sur quatre thèmes : les droits de l’homme, les normes internationales du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption. Une communication postée sur le site internet de l’association et, de facto, rendue publique.

Lancée par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan en 2000, suite à l’achoppement de la conférence de Doha sur les questions de climat et de droits de l’homme, le Global compact, désormais sous l’égide des Nations Unies, regroupe 11000 adhérents dans 145 pays. "Pour les entreprises multinationales, c’est un cadre de valeurs devenu un basique. Elles utilisent aujourd’hui d’autres outils complémentaires pour approfondir leurs démarches », reconnait Charlotte Frérot. Mais pour les PME, c’est un outil facile d’accès pour mettre sur les rails une démarche de RSE.

"On peut être ISO 14001 mais avoir encore à progresser"

Bruno Duval, président directeur général de l’entreprise ariégeoise Savco, spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques pour les centrales hydroélectriques, ne mâche pas ses mots. L’entreprise a signé le Pacte mondial en 2011 et fait partie des meilleurs élèves. « Je voulais partager des valeurs avec tous les acteurs de mon entreprise et me prémunir de certaines dérives. Je parle de discrimination, droit du travail, corruption et environnement. » souligne Bruno Duval. « Fixer des priorités dans ma démarche, au regard des engagements du Global compact, m’a permis d’avoir un dialogue plus structuré et concret vis à vis de mes hommes et de mes fournisseurs. »

Sur le volet environnemental, l’entreprise a réduit de 40% sa consommation de gasoil sur son site de production en un an et traite 100% de sa filière déchets. « Ce n’est pas de l’angélisme. Entrer dans cette démarche permet d’être plus responsable et d’avoir un business plus rentable, tout en renforçant l’attractivité de l’entreprise. »

Un outil RSE accessible à tous

En Midi-Pyrénées, le Global Compact compte 23 adhérents dont 14 entreprises de moins de 100 collaborateurs. Outre Savco, deux autres PME sont exemplaires selon Charlotte Frérot : Chêne Vert et Icom Communication. « Pour les petites entreprises qui ont peu d’argent et de temps à consacrer à leur RSE, l’adhésion au Global compact est un début car cela formalise des valeurs en interne et oblige à faire un reporting chaque année qui reste flexible. » Ils bénéficient aussi d’un partage d’expérience avec les autres membres et de l’appui du réseau français.
Un outil de mise en route donc, qui reste complémentaire des certifications et autres normes, pour résister aux dérives du greenwashing.
Aurélie de Varax

Sur la photo : chantier d’hydroélectricité mené par l’entreprise Savco dans le Parc national des Pyrénées. Photo Savco.