ToulÉco Green

Publié le jeudi 23 novembre 2017 à 17h40min par Aurélie de Varax

Lancement depuis Toulouse de la première certification de la qualité de l’Air intérieur

Alors que la qualité de l’air intérieur s’érige en sujet de santé publique, Polyexpert Environnement prend de l’avance en créant Immolab à Toulouse. La société porte la commercialisation d’Intairieur, le premier référentiel qui certifie les logements neufs.

Le choix du mobilier de cuisine ou de salle de bain, des revêtements de sols ou encore des peintures comme les conditions d’aération des logements sont sources de pollution de l’air intérieur. Fort d’une expérience aguerrie en matière de gestion de la qualité dans le bâtiment, Polyexpert Environnement lançait en 2013 un comité de pilotage pour travailler sur la construction d’un protocole pour valoriser la qualité de l’air dans les logements neufs. Le projet vient de déboucher sur le lancement cette semaine de la première démarche de certification de la qualité de l’air intérieur en France, sous le label privé « Intairieur » que gère désormais Immolab, une société lancée à Toulouse en juillet dernier.

« Notre comité de pilotage compte des représentants de la promotion immobilière comme Bouygues et la fédération des promoteurs de l’ex-Midi-Pyrénées, des bailleurs sociaux comme la Cité Jardin, Promologis et l’Union sociale de l’habitat ainsi que le conseil de l’ordre des architectes. Le référentiel »Intairieur« que nous lançons est le fruit de cette réflexion collective depuis quatre ans, également enrichie des travaux de l’Ademe et de l’OQAI [1] », précise Nicolas Duhameau, gérant d’Immolab.

Un air 5 à 10 fois plus pollué à l’intérieur

La société espère concrétiser au moins une vingtaine d’opérations en France dans les six mois. Pour être labellisés par son équipe d’auditeurs, les projets immobiliers doivent justifier d’une exigence sur la qualité de l’air dès la conception du bâtiment et en phase d’exploitation. L’idée est également de proposer aux maitres d’ouvrage un critère à valeur ajoutée permettant de se démarquer lors des appels d’offre, tout en répondant à une préoccupation de santé publique majeure encore trop méconnue. « Les études prouvent que l’air intérieur est cinq à dix fois plus pollué qu’à l’extérieur » affirme le gérant. En France cette pollution serait responsable de 20.000 décès prématurés et la récente réglementation thermique 2012 n’a pas amélioré la situation, au contraire. Selon Nicolas Duhammeau, « la recherche de performance thermique ainsi que les systèmes de volets roulants induisent une problématique nouvelle avec de plus en plus d’étanchéité et donc un renouvellement de l’air peu assuré ».

En 2015, une analyse quantitative portée par la Cerema sur 1287 logements a souligné que 44% des logements collectifs neuf et 68% des maisons individuelles ne sont pas conformes sur le critère de la ventilation. Il semblerait donc que cette démarche de certification arrive à point nommée.

Un surcoût total de 0,85%

Les intervenants sur un chantier en phase de labellisation se verront d’abord sensibilisés aux conditions de stockage, de découpe et de séchage des matériaux. Une étude sera également menée pour identifier les sources de pollutions possibles sur la parcelle (tracic routier, gaz radon, pollution des sols, végétaux allergisants …) et adapter la construction. Les équipements, produits et matériaux prévus seront ensuite passés au crible. « On impose l’étiquetage A+ sur les matériaux et une campagne de mesure est réalisée en fin de chantier sur les polluants émis comme le formaldéhyde, le benzène, les COV (Composés organiques volatiles) ainsi que le taux de moisissure », précise le gérant. Enfin la ventilation est traitée à part, avec des critères dédiés, de la conception à la réalisation afin de vérifier la cohérence de la circulation d’air.

« Avec les parties prenantes du projet réunis désormais au sein de association baptisée APQAI (Association de promotion de la qualité de l’air intérieur), nous avons défini un référentiel technique réalisable avec un objectif de maitrise du surcoût de construction estimé à 0,85% du coût total. » L’objectif à terme est de promouvoir les démarches y compris dans les logements anciens et les bureaux. Si la sauce prend, Immolab briguera la reconnaissance officielle du label « Intairieur ».
Aurélie de Varax

Sur la photo l’équipe projet Immolab : Marie-Pierre Achard Labarbe, Cécile Le Berre, Janice Orero et Nicolas Duhameau. Photo DR.

Notes

[1Observatoire de la qualité de l’air intérieur