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Publié le jeudi 29 décembre 2016 à 17h00min par Aurélie de Varax

« La transition vers une région à énergie positive sera citoyenne »

Qu’est-ce qu’une région à énergie positive ? En amont du salon Energaïa qui s’ouvre à Montpellier les 14 et 15 décembre, Agnès Langevine, vice-présidente en charge de la transition écologique et énergétique en Occitanie, précise la feuille de route de l’ambition régionale.

La majorité régionale a placé la région Occitanie le 28 novembre dernier, sur une trajectoire de « région à énergie positive », expliquez-nous ?
Agnès Langevine : Cela s’inscrit à la fois dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris et la mise en application de la loi pour la transition énergétique. L’horizon fixé est 2050 mais plus vite nous irons, mieux la planète se portera. Il y aura l’élaboration de plusieurs scénari pour programmer cette transition dans le temps. Etre une région à énergie positive, c’est s’appuyer sur deux piliers : réduire massivement les consommations d’énergie et développer les énergies renouvelables pour qu’elles viennent couvrir 100% des besoins énergétiques de la région.

Quelle est la feuille de route régional ?
Nous allons réunir des comités d’experts fin janvier qui vont nous aider à modéliser cette feuille de route en terme d’objectifs par type d’ENR, de moyens financiers à mobiliser et de gisements disponibles. Nous verrons sur chacun, quels sont les leviers les plus efficaces en terme de production et d’impacts socio-économiques. Quand le scénario sera établi, il sera confronté à travers des réunions de concertations et d’informations à la fois aux citoyens et aux élus car c’est l’ensemble des territoires que nous devons embarquer dans cette transition vers une région à énergie positive. En parallèle, nous travaillons à la création de l’Agence Énergie Climat qui devrait voir le jour fin 2017. Ce sera un acteur unique sur le périmètre régional avec des missions en terme d’ingénierie, de mobilisation des territoires mais aussi d’accompagnement financier que ce soit en terme d’ investissement pour notamment les projets ENR mais aussi de tiers financement, pour pouvoir aussi accompagner des ménages sur leur rénovation énergétique.

Sur quels leviers allez-vous travailler ?
Il faut réussir à réduire notre consommation énergétique dans une région en pleine croissance démographique. Le premier levier, c’est l’efficacité énergétique des bâtiments dans l’ancien et le neuf. Produire de nouveaux logements aux normes thermiques en vigueur ou même sur un objectif bepos, cela demande de l’ingénierie, des moyens financiers mais aussi la mobilisation de tout le secteur. Nous avons des dispositifs de soutien auprès des bailleurs pour entreprendre ces travaux de rénovation et nous avons lancé depuis le 1er juillet un appel à projet « Bâtiment exemplaire » qui vise la montée en compétences et des démonstrateurs sur des bâtiments efficaces au niveau énergétique mais aussi dans la gestion de l’eau, des déchets, et l’usage de matériaux biosourcés.

Il faut entrainer les acteurs économiques et les artisans dans la transition. Et il faut réussir à massifier l’efficacité énergétique du parc de logement. Ce sera une des missions de la future Agence Énergie Climat. Sur l’autre levier qui est le développement des énergies renouvelables, nous avons lancé des appels à projets qui visent à soutenir des initiatives de citoyens sur le solaire car la transition énergétique doit être citoyenne pour une bonne appropriation des questions énergétiques et climatiques et une bonne acceptation des projets sur les territoires. Les premiers lauréats seront annoncés sur Energaïa.

Le projet régional doit-il être celui d’une démocratie énergétique ?
L’auto-consommation, c’est vraiment ce qui symbolise le mieux la révolution du modèle énergétique français. Nous quittons le modèle centralisé. L’idée est de pouvoir consommer l’énergie que l’on produit, sans l’injecter dans le réseau, pour son bâtiment et, avec des technologies du grid, partager cette énergie à l’échelle d’un quartier. C’est possible depuis les évolutions réglementaires de juillet et août. Fort des gisements solaires de la région et de notre ambition, nous voulons soutenir ce nouveau modèle.

Nous allons passer d’une époque avec des grands opérateurs qui repéraient des gisements, venaient démarcher des élus avec une population qui souvent subissait ces grands projets à l’inverse : des projets d’abord portés par les citoyens et les communes pour qu’elles retrouvent la main sur leur indépendance énergétique et que cela crée de l’emploi.

Y a-t-il des filières prioritaires ?
Nous sommes très concurrentiel sur l’énergie solaire ce qui va permettre de faire monter très vite les modèles photovoltaïques en auto-consommation car on aura un modèle économique plus solide que dans d’autres régions. Ensuite, nous avons deux fermes pilotes expérimentales sur l’éolien flottant au large de Gruissan et Leucate et l’idée, c’est de pouvoir construire une vraie filière sur le territoire en terme de fabrication, installation, maintenance.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Sur la photo : Agnès Langevine, vice-présidente en charge de la transition écologique et énergétique, biodiversité, économie circulaire, déchets. Photo Antoine Darnaud pour la Région Occitanie.