ToulÉco Green

Publié le jeudi 18 décembre 2014 à 15h17min par Virginie Mailles Viard

La station d’écologie expérimentale du CNRS creuset de la recherche internationale

La station d’écologie expérimentale du CNRS de Moulis en Ariège fête ses 60 ans. Elle abrite le Métatron, un équipement unique au monde, où animaux et végétaux soumis à des variations climatiques préfigurent les impacts du réchauffement climatique sur les systèmes écologiques.

Au sein du Métatron, les populations issues de la petite faune animale et végétale, sont réparties dans 48 « cages » de 100 m2 chacune, de 2 mètres de haut, toutes reliées entre elles. Ce qui leur donne la possibilité de se déplacer, « si elles le souhaitent », précise Olivier Guillaume, docteur-ingénieur de recherche, responsable du pôle Infrastructure. « Nous mimons le réchauffement climatique. Et on observe. Certaines populations vont rester, et évoluer, d’autres vont bouger. Notre but ultime est de réaliser des modèles prédictifs, un outil fonctionnel, gestionnaire de la biodiversité. »

La découverte de Protée

La station d’écologie expérimentale du CNRS de Moulis sur la Commune de Caumont en Ariège, détient depuis les années 50 la réputation d’un lieu atypique, parce qu’il a su attirer le monde de la recherche dans les profondeurs de son territoire. Tout commence dans une grotte, où des chercheurs découvrent un triton dépigmenté dont la durée de vie atteint les 90 ans. La station d’observation s’enracinera désormais là, autour du triton Protée. Une partie du laboratoire s’installe directement dans la grotte. La station dispose de serres, de volières, de salles d’élevages. Aujourd’hui deux grottes naturelles sont dédiées à la recherche sur la faune cavernicole et sur le Protée. La position stratégique de ce site, proche de son environnement naturel, au coeur des Pyrénées, permet aux chercheurs d’étudier des territoires contrastés, explique Olivier Guillaume. « Nous avons la plaine, et des altitudes atteignant les 3000 mètres. C’est ce positionnement stratégique qui fait l’intérêt du site, qui en fait un lieu exemplaire. »

Une station d’envergure internationale

La station de Moulis est devenue un haut lieu de recherche, attirant la matière grise d’Europe du Nord, d’Asie, d’Amérique. La présence de cette communauté scientifique internationale - la station compte une cinquantaine de salariés - pousse le site à voir plus grand, en termes d’infrastructures, et légitime les financements des plans successifs Etat-Région. En cours de négociation pour la période 2014-2020, ils devraient être atteindre 6 millions d’euros. Les retombées économiques sur le territoire de Moulis sont réels, estime Olivier Guillaume. « Nous accueillons du personnel à haut revenu, qui loue ou s’installe ici. Nos perspectives de développement, si le contrat se finalise, sont d’embaucher entre 10 et 20 personnes supplémentaires, d’avoir de nouveaux bâtiments, et un laboratoire d’hydro-écologie. Nous bénéficions de soutiens financiers importants, des fonds structuraux de l’Etat, de la région, mais également du département, de la communauté de communes. Ils ont compris que notre projet est à la hauteur des enjeux écologiques actuels. »
Dès 2015, l’unité met son infrastructure au service de l’Université Paul Sabatier, pour accueillir doctorants et maîtres de conférence.

Virginie Mailles Viard
Sur la photo 1, le Métatron. copyright Benard. Sur la photo 2 Proteus anguinus copyright Cabrol