ToulÉco Green

Publié le jeudi 28 juin 2018 à 17h07min par Aurélie de Varax

La start-up nîmoise Kiwibook donne une seconde vie aux objets culturels

Donner une seconde vie aux livres, l’idée n’est pas neuve. Le nîmois Kiwibook, lancé en novembre 2017, surfe sur la vague en innovant par le rachat groupés et le calcul du prix grâce à un algorithme performant.

Ils ont la trentaine, s’appellent Benjamin et n’en sont pas à leur première aventure entrepreneuriale dans le e-commerce. Benjamin Augros et Benjamin Lointier, passionnés de culture, de web et d’économie circulaire ont créé Kiwibook en novembre dernier à Nîmes. Leur innovation, sur un marché dompté par des géants comme Amazon, est de s’engager sur des achats groupés de livre auprès des particuliers. Ils ont lancé la plateforme vendre-livre.fr qui permet au quidam, en rentrant le code barre des livres qu’il souhaite vendre, d’accéder à leur prix de rachat. Et de les vendre en tir groupé.

« Vous n’avez plus à vendre vos livres en vide-grenier ou à l’unité sur un site de revente, avec à charge la logistique d’annonce et d’envoi, et la définition du prix juste. Notre algorithme calcule le prix de rachat et vous recevez une étiquette d’envoi Mondial relay gratuite à partir de dix livres et quinze euros de valeur », précise Benjamin Augros. Il ne reste donc plus qu’à trouver le carton adapté et déposer le colis à la poste. Kiwibook effectuera le paiement des produits expédiés sous 14 jours. La start-up récupère actuellement une quinzaine de livres par colis en moyenne avec un prix de rachat moyen de deux euros par livre. « Mais cela peut osciller de 15 centimes à 10 euros et la plateforme est ouverte à tous les genres littéraires », ajoute Benjamin Augros.

Un algorithme calcule en temps réel le prix de rachat

Si les fondateurs de Kiwibook prennent le risque de racheter le livre sans être assurés de les revendre, c’est qu’ils disposent d’un outil très performant. L’algorithme développé par Benjamin Lointier, le développeur de l’équipe, a la particularité de calculer en temps réel un prix de rachat pondéré par une quarantaine de critères utiles, à commencer par la popularité du livre et son prix sur le marché de l’occasion. « Nous avons référencé plusieurs centaines de milliers de livre. Nous évaluons le taux de reprise à deux sur trois », indique le co-fondateur. Actuellement les livres rachetés sont revendus sur des marketplace mais les fondateurs de Kiwibook comptent ouvrir leur propre site de revente prochainement ainsi que des plateformes de rachat dédiées aux CD/DVD et aux jeux vidéos.

Côté finance, la start-up a bénéficié du soutien d’entrepreneurs du web dont Xavier Niel en pré-amorçage. Elle vise un développement en auto-financement, l’objectif étant d’atteindre rapidement 15.000 à 20.000 livres rachetés par mois et revendus dans la foulée. Une embauche est prévue cet été et cinq à dix d’ici fin 2018. « Notre problématique actuelle n’est pas de revendre les livres mais de devenir le site incontournable de la revente de livre pour les particuliers », conclut Benjamin Augros. Le lancement cet été d’une application mobile pour scanner les code barre des ouvrages devrait encore faciliter l’accès au service.
Aurélie de Varax

Sur la photo : de gauche à droite Benjamin Lointier et Benjamin Augros, les fondateurs de Kiwibook.