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Publié le jeudi 26 mai 2016 à 10h43min par Aurélie de Varax

Citizen Farm installe la première ferme urbaine française en aquaponie, à Toulouse

L’aquaponie, la combinaison d’un aquarium et d’un potager en écosystème, est-elle le nouvel eldorado de l’agriculture urbaine ? C’est le pari que lance le toulousain Citizen Farm. La start-up vient d’installer sa première ferme urbaine dans le jardin Raymond VI, à Toulouse.

Imaginez une ferme capable de subvenir aux besoins en fruits et légumes d’une famille de quatre personnes. Imaginez ensuite une place de parking.Et si la ferme tenait sur cette place de parking, en plein centre ville ? C’est le défi qu’entend relever la start-up toulousaine Citizen Farm, créée par Pierre Osswald en 2014. Après avoir lancé, l’ozarium, un aquarium potager qui permet de faire pousser chez soi des plantes aromatiques en aquaponie, la société vient de poser son dernier né sur la pelouse du jardin Raymon VI : une ferme urbaine en aquaponie de la taille d’une place de parking (13m2) qui a nécessité 20.000 euros d’investissement. « Avec cette ferme, nous voulons montrer qu’il est possible de nourrir une famille de quatre personnes pendant un an », explique Pierre Oswald, fondateur de Citizen Farm.

Des légumes 100% locavores, mieux que bio

Un an de travail ont été nécessaires pour mettre au point ce produit unique en France qui repose sur la combinaison ingénieuse d’une serre et d’un aquarium, le tout hébergé sur et dans un container. La serre au-dessus du container produit les fruits et légumes du potager cultivés dans un substrat de billes d’argiles. Et l’aquarium dans le container, où cohabitent une quarantaine de poissons (truites, sandres ou tilapia, selon les saisons), fournit des nutriments issus des déjections des poissons pour les plantes. « Les bactéries de l’argile filtrent les excréments et les transforment en nutriments bons pour les plantes. Ensuite, celles-ci restituent aux poissons une eau chargée en oxygène créant ainsi un véritable écosystème », précise Pierre Oswald. S’ils ont le même goût qu’en terre, les fruits et légumes utiliseront 90% d’eau en moins et beaucoup moins d’espace qu’une culture classique. Que des avantages donc en ville ou dans des pays en situation de stress hydrique. Et « des légumes encore mieux que le bio », selon Pierre Oswald, car ce type de culture « n’utilise aucun intrant ».

Cap vers les premiers contrats

« Notre défi est de trouver le bon équilibre entre le nombre de poisson, le type de plantes et la quantité produite pour nourrir quatre personnes. Nous voulons également que cette ferme soit énergiquement le plus neutre possible. » L’installation de panneaux solaires est prévue ainsi que l’utilisation de la géothermie afin de pouvoir réguler la température de la serre. L’emplacement dans le jardin Raymond VI a été cédé à la start-up pour un an par la métropole et la ferme sera ouverte au public et aux scolaires deux jours par semaine.

Côté finances, Citizen Farm espère également signer rapidement ses premiers contrats. « Nous ciblons des entreprises, des collectivités et même des États. Nous avons plusieurs business model  : la vente du produit, la vente des légumes produits ou encore le leasing de l’appareil. » La start-up qui compte quatre collaborateurs cible l’Europe et l’Amérique du Nord. Une expérimentation similaire à celle menée à Toulouse devrait d’ailleurs démarrer à Montréal, à la fin de l’année.
Aurélie de Varax

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