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Publié le jeudi 4 août 2016 à 18h29min par Aurélie de Varax

La recherche spatiale au chevet de l’environnement : des drones et lampadaires solaires

Article diffusé le 25 fevrier 2016

Dans le giron du Cnes ou de l’agence spatiale européenne (Esa), découvrez comment les entreprises et start-up de la nouvelle région convoquent la recherche spatiale au chevet de la planète. Les start-up Sunbirds et Cab Innovation, à la une.

L’enjeu du siècle n’est pas encore de chercher une nouvelle planète nourricière comme l’imaginait Christopher Nolan dans Interstellar mais de protéger les ressources terriennes. Et face à ce défi, la recherche spatiale est une source d’inspiration majeure. En 1986, le Cnes ouvrait la voie à Toulouse en créant l’entreprise CLS pour piloter le système de localisation et de collecte de données environnementales Argos. Depuis, CLS utilise pas moins de 80 instruments embarqués à bord de 40 satellites pour accompagner la mise à jour du carnet de santé de la planète.

« Avec la mise sur orbite de satellites toujours plus performants et le développement des nouvelles technologies informatiques, la valorisation des services opérationnels des satellites est en plein essor depuis cinq ans, » précise Didier Lapierre, en charge de la valorisation et des transferts de technologies au Cnes. C’est une des raisons qui a poussé l’Agence spatiale européenne à lancer l’Esa Bic Sud France en 2013, un super-incubateur de projets pilotée par le pôle de compétitivité Aerospace Valley en association avec le Cnes, et le pôle de compétitivité aquitain Pégase. Sa mission : créer 75 start-up en cinq ans qui exploitent des données spatiales ou réalisent des transferts de technologies vers d’autres secteurs, comme l’environnement. En voici quelques pépites régionales.

Les drones de Sunbirds

Ingénieur aérospatial chez Airbus, Laurent Rivière a travaillé sur la nouvelle génération de satellites Iridium avant de se lancer dans l’aventure de Sunbirds. La jeune start-up créée en août 2015 a conçu le premier drone solaire à voilure fixe, avec huit heures de vol autonome. « Très similaire à un satellite, notre drone utilise l’énergie solaire pour déployer des solutions d’observation aérienne sur longue durée. Nous avons réutilisé des connaissance sur le management de l’énergie solaire et la gestion aéronautique pour dimensionner et équiper les ailes avec des rendements suffisamment élevés, tout en restant léger », détaille Laurent Rivière. Construit à Toulouse, le prototype vient d’entrer en démonstration en Amérique Latine. Sa mission ? L’analyse multispectrale de grandes cultures pour diagnostiquer les maladies, les besoins en arrosage, ou encore la maturité des plantes. L’oiseau solaire pourra se prévaloir du made in France avec plus de 90 % de composants hexagonaux. Sunbirds table sur seize commandes en 2016.

Le lampadaire solaire de Cab Innovation

Autre cousin des sentinelles de l’espace : le lampadaire solaire breveté du toulousain Cab Innovation qui termine sa phase d’expérimentation au Sénégal ce premier semestre. Estampillé Entreprise Innovante, Cab Innovation a été lancé par André Cabarbaye, un spécialiste de la fiabilité des satellites au Cnes où il exerce toujours ses compétences. « Nous avons développé un système de lampadaire qui permet d’éclairer les nuits à toutes les latitudes à partir du Sud de Limoges », précise l’inventeur. L’innovation réside dans le concept « tournesol ». Equipé d’un système GPS pour connaitre la courbe du soleil, le panneau solaire du lampadaire suit le soleil en tournant autour d’un axe. Résultat, il accumule 30% d’énergie supplémentaire, de quoi tenir toute la nuit même en plein désert.
Aurélie de Varax

Sur la photo : le Sunbirds prend son envol. Photo Sunbirds.

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