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Publié le jeudi 3 mars 2016 à 10h40min par Aurélie de Varax

La recherche spatiale au chevet de l’environnement : biodiversité et agriculture de précision

Dossier, seconde partie

Dans le giron du Cnes ou de l’agence spatiale européenne (Esa), des entreprises et start-up de la nouvelle région convoquent la recherche spatiale au chevet de la biodiversité et l’agriculture. Comme Terranis et le languedocien Geomatys.

Ils surfent sur la vague du développement des services de géoinformation exploitant l’imagerie par satellite aux profits de l’environnement. David Hello et Marc Tondriaux, deux anciens d’Airbus Defense & Space (ex-Astrium) ont créé Terranis en mars 2014, société hébergée à la pépinière d’entreprise Théogone, à Ramonville. En partenariat avec Airbus D&S, la start-up exploite actuellement, et mondialement, les services Pixagri et Œnoview® respectivement dédiés à l’agriculture et la viticulture de précision. 

« Les progrès concernant les capteurs embarqués sur les nouveaux satellites permettent d’obtenir des images de plus en plus précises et de plus en plus riches en terme d’informations que l’on peut extraire. Nous achetons ces images aux opérateurs de satellites et les traitons avec nos calculateurs pour sortir des produits à valeur ajoutée. Nous fournissons par exemple à un viticulteur une vision du développement de sa vigne qui l’aidera à optimiser les besoins en intrants, le timing de récolte, le mélange des raisins », explique David Hello. L’entreprise vient de clôturer son deuxième exercice à 600.000 euros et regarde 2016 d’un bon oeil. S’annoncent le lancement de son projet Eugenius, un réseau collaboratif de business réunissant d’autres PME européennes dans des domaines complémentaires de la géoinformation ainsi que l’arrivée des images gratuites des derniers satellites Sentinel de l’Esa. 

Du hardware au chevet de la biodiversité

Derrière les opérateurs de services, on trouve en amont des développeurs de solutions informatiques capables de stocker et croiser la multitude de données satellitaires. Et de les partager avec le plus grand nombre. C’est le créneau investi par le languedocien Geomatys installé à Arles. Fondée en 2005 par deux ingénieurs de recherche à l’IRD et spécialistes de l’observation de la terre, Geomatys vient de sortir son produit « Constellation ». Fruit d’une dizaine d’années de recherche, les logiciels Constellation Cloud - la version opensource - et Constellation entreprise, exploitent les données spatiales issues de multiples sources, dont les plus récentes comme Sentinelle 1 et 2.

Le tout, dans le respect des standard d’interopérabilité des systèmes d’information géographiques. « A l’origine, l’activité de l’entreprise était tournée exclusivement vers la surveillance de la biodiversité et nous ouvrons aujourd’hui à d’autres secteurs comme la défense, » précise Vincent Heurteaux. L’entreprise compte vingt collaborateurs et a ouvert une agence à Montpellier.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Cartographie de la végétation d’un vignoble. Photo Terranis.

Retrouvez le 10 mars la troisième partie : « Et si l’eau potable se pompait et se purifiait toute seule ? ».