ToulÉco Green

Publié le jeudi 12 juillet 2018 à 16h53min par Aurélie de Varax

La première bouteille à bilan carbone négatif est en fibres de lin et toulousaine

Lancée en décembre 2017, la start-up toulousaine Green Gen Tech prévoit d’ouvrir en Suède sa première ligne de production de bouteilles en fibres de lin à l’automne et une seconde, en Occitanie, en 2019. Révolutionnaire, cette bouteille stocke du carbone.

C’est une innovation de rupture, - technologique, environnementale et sociétale - qui fait tâche d’huile sur tous les continents du vin. Et plus largement au vaste pays du flacon. Après trois ans de R&D, l’équipe toulousaine de la toute jeune start-up Green Gen Technologies a mis au point (deux brevets déposés) un procédé innovant pour produire une alternative écologique et biodégradable à la bouteille de verre : une bouteille en composite à base de fibres de lin.

« La fibre de lin est tressée et préformée en forme de bouteille. On lui injecte de la résine de riz chauffée pour lui donner sa forme. La difficulté a été de trouver la bonne résine et la température de fusion adéquate » indique James de Roany co-fondateur de l’entreprise. Ce contenant révolutionnaire dispose d’un film protecteur intérieur alimentaire permettant d’empêcher toutes transmissions en provenance du lin. Ce dernier est actuellement en PET, donc issu du pétrôle, mais il sera en PLA (plastique biosourcé) sous maximum dix-huit mois.

Un bilan carbone négatif

Avec des fours chauffés à 1500 degrés 24 heures sur 24, la bouteille de verre consomme beaucoup d’énergie. "Nous travaillons à des températures quinze fois inférieures et avec l’usage du PLA nous serons probablement en bilan carbone négatif puisque le lin absorbe plus de carbone pendant sa pousse qu’il n’en faut pour produire la bouteille", précise James de Roany. De quoi séduire les industriels du contenants, toujours plus soucieux de leur éco-responsabilité.

Les premiers clients pourraient être les acteurs de la cosmétique et des parfums, investis depuis toujours dans l’innovation packaging. Mais aussi les grands groupes des vins et spiritueux. "Nous avons aussi été contactés par des producteurs de vin du Languedoc, notamment en bio", indique le dirigeant qui ajoute que "le prix actuel reste dix à douze fois plus élevé qu’une bouteille en verre ce qui contraint le marché au moyen/haut de gamme sachant que la bouteille, déjà très jolie, n’implique pas de suremballage." Grâce à son développement industriel, l’entrepreneur espère rapidement diviser ce coût par cinq.

Des usines de fabrication au plus près des clients

D’ici fin 2018, Green Gen Technologies cherche à lever 2,5 millions d’euros dont 750.000 euros d’ici septembre pour lancer sa première ligne de production chez le spécialiste des formes complexes Inxide, en Suède. Près de deux millions d’euros seront ensuite investis dans une seconde chaine de production, qui verrait le jour en Occitanie et permettrait d’atteindre une capacité d’1,5 millions de bouteilles produites dès 2019.

La société ambitionne de produire 3 à 5 millions de bouteilles en 2020 en installant d’autres chaines de production au plus près de ses clients en Asie et aux Etats-Unis. "Nous discutons depuis trois ans avec le premier groupe de distribution de vin&spiritueux américain. Ils sont intéressés par notre technologie pour la bière. Installer des fûts en fibre de lin chez leurs clients ainsi qu’un broyeur diminuerait par deux leurs mouvements de camions". Le tout en développant une économie circulaire très rentable. Les brevets détenus par la strat-up permettent de couvrir toutes fibres d’origine végétale et des travaux de R&D sont bien avancés pour envisager aussi dans les deux ans le lancement de conteneurs en fibres de bambou, de chanvre et de canne à sucre.
Aurélie de Varax

Photo DR : Photo 1 : James de Roany et photo 2 : la Green Gen Bottle.

1 Commentaire

  • Le 16 juillet à 10:47 , par morzelle

    Bravo pour l’idée mais je serai totalement enthousiaste
    quand la production sera validée en fibre de lin.
    Je pense qu’un contact devrait être engagé pour accélérer ce processus avec un fabricant qui a fait ses preuves en matière de fabrication en lin comme NIMMITECH à Bagnères de Bigorre, 65. Ils savent faire.
    Je crois beaucoup à la mise en commun de compétences.

    Deuxième regret majeur c’est la stratégie de développement en Asie et aux USA qui a un but explicitement financier.
    Cela m’apparaît comme une stratégie de valorisation rapide du produit pour le revendre au prix fort sur des marchés
    de grande ampleur. Pour moi, ce n’est pas une entreprise, c’est un coup financier.
    J’aurais préféré m’enthousiasmer pour un projet de développement du marché européen plus ciblé, et creusé pour la bascule de l’Europe buveurs de bières et buveurs de vins et fabricants dans une bascule culturelle collective au bénéfice d’un continent Vert.

    Il y a tant de structures en Europe pour les PME et leur accompagnement vers les marchés alternatifs bas carbone.
    Belle idée mais où est la responsabilité sociale et le projet environnemental affiché, affirmé de l’entreprise ??

Répondre à cet article