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Publié le jeudi 19 avril 2018 à 10h06min par Aurélie de Varax

« La forêt est un levier d’atténuation du réchauffement climatique qu’il faut faire connaitre aux entreprises »

Dossier RSE. Dernière partie.

Avec le lancement imminent d’un référentiel national permettant de certifier le carbone forestier, les entreprises disposeront d’un cadre réglementaire pour compenser leurs émissions en France. Explications avec Olivier Gleizes, coordinateur projets carbone, CNPF, Montpellier.

Quand le carbone des forêts françaises sera-t-il certifié ?
Jusqu’alors, les entreprises souhaitant compenser leurs émissions carbone étaient souvent obligées d’aller à l’international car il n’existait pas de cadre réglementaire en France. La donne va changer à la fin du second semestre 2018 avec le lancement du référentiel national agricole et forestier qui va permettre de certifier le carbone issu de projets agricoles et forestiers. Le CNPF (centre national de la propriété forestière) travaille sur ce projet depuis plus de deux ans avec plusieurs projets pilotes menés sur le territoire. Parallèlement, nous avons lancé en 2016 une étude, dans le cadre du programme européen LIFE Forest CO2, sur les attentes des entreprises et collectivités en matière de projets carbone forestiers. La moitié des répondants s’est dit intéressée par ce nouvel outil et ce qui a émergé en termes d’attentes est le local pour donner du sens à l’action. Je pense que nous allons en revenir de ces projets qui sont proposés parfois sans lien direct avec le secteur concerné et au bout du monde. 

Comment la certification va-t-elle fonctionner ?
Les propriétaires forestiers vont déposer des projets qui devront être conformes au référentiel ainsi qu’aux méthodes. Une fois le projet validé, une entreprise pourra choisir de s’engager en le cofinançant et d’obtenir ainsi des réductions d’émissions certifiées. Le gain de CO2 sur une période donnée sera estimé en comparant l’itinéraire carbone de référence, - comment aurait évolué la forêt en l’absence du projet - et l’itinéraire « carbone + » soutenu par le financeur. Au bout de trois ans, une vérification est prévue pour évaluer si la trajectoire de séquestration carbone est conforme aux prévisions.

Quel intérêt pour les entreprises en matière de RSE ?
Les entreprises pourront mener des actions concrètes et quantifiables en séquestration du carbone au plus près de leurs sites. Chaque année en France, la forêt séquestre en 10 et 15 % des émissions de CO2 de l’atmosphère.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo CNPF