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Publié le jeudi 26 mars 2015 à 16h53min par Aurélie de Varax

La Shem, confiante dans la bataille pour ses concessions

Acteur historique du grand Sud-Ouest dans l’exploitation des hautes et moyennes chutes, la Société hydro-électrique du Midi (Shem) peaufine ses atouts pour le renouvellement de 80% de ses concessions.

Le 29 mai, la Shem, filiale de GDF Suez depuis 2006 et troisième hydroélectricien français, inaugurera la nouvelle usine de Saint-Géry près de Cahors, « l’ouvrage hydroélectrique du XXIe siècle » selon Pierre Chambon, son directeur général. Outre son expérience centenaire reconnue par le bon niveau de performance de ses exploitations, ce bijou technologique est un atout de l’entreprise pour défendre le renouvellement de 80% de ses concessions dans le nouveau cadre défini par la loi de transition énergétique attendue à l’été.

Une rénovation high-tech française

Quatre millions d’euros ont été investis pour moderniser l’ouvrage et améliorer son bilan environnemental par l’intégration des procédés innovants mis en place avec deux PME locales, PMGA et MJ2 technologies, basées respectivement à Sète et à la Cavalerie dans l’Aveyron. La première a conçu des groupes de production équipés d’aimants permettant un champ magnétique continu, la suppression d’utilisation d’huile et la réduction de 80% des nuisances sonores. La seconde, MJ2, a équipé le site de sa VLH, une turbine ultra performante qui facilite le passage des poissons. « Cette usine s’intègre dans l’environnement et le voisinage avec un gain de production de 46 %, la mobilisation d’entreprises locales, c’est notre conception de l’hydroélectricité de demain. Le marché de l’énergie évolue de plus en plus vers une production locale qui respecte les terroirs », scande Pierre Chambon.

De lourds investissements malgré un avenir incertain

C’est bien à l’enjeu de sa pérennité que se prépare l’entreprise qui a réalisé un chiffre d’affaires de 88,6 millions d’euros, et compte 320 collaborateurs dont 140 à au siège de Balma. Concernant l’ouverture de 80% de ses concessions, trois scénarios sont envisagés dans la loi : des appels d’offre européens, la création de Sem (sociétés d’économie mixte) où l’Etat et les collectivités lanceraient des appels d’offre et la prolongation des concessions en travaux décidée par l’Etat pour motifs d’intérêt général.

« La Shem est prête à répondre à ces trois scénarios comme le montrent les lourds investissements réalisés dans un contexte incertain, » souligne Pierre Charon. En 2015, 27 millions d’euros seront investis dans la maintenance et la modernisation des installation dont l’agrandissement de certains évacuateurs de crue dans le Cantal, la pose d’une bâche d’étanchéité au barrage de l’Oule (Hautes-Pyrénées) ou encore la préparation de la vidange du barrage de Marèges (Dordogne). « Nous prévoyons 25 à 30 millions par an dans les années à venir, des investissements qui profitent à 50% aux entreprises locales du sud-ouest ». Engagée avec confiance dans la bataille pour garder ses vallées, la Shem vient d’amorcer aussi sa diversification dans l’externalisation de prestations ainsi que la création d’une Sem avec la ville d’Uzerches pour construire des unités de production hydroélectriques.
Aurélie de Varax

Sur la photo : la nouvelle VLH de l’usine de Saint Géry, près de Cahors. Une grande turbine totalement immergée et sans nuisances environnementales développée par MJ2. Photo Shem.

Chiffres clés
Cinquante-huit usines, douze barrages répartis sur la chaîne des Pyrénées, les vallées du Lot et de la Dordogne, soit une puissance totale de 1,9 TWh.
La Shem alimente en énergie pérenne, renouvelable et propre un million d’habitants.