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Publié le jeudi 9 novembre 2017 à 17h46min par Aurélie de Varax

La Ferme de Labège : première ferme urbaine française mixant aquaponie et maraichage en permaculture

Comment bien manger, près de chez nous, avec la nature ? C’est le projet que porte la Ferme de Labège. Sur 10.000 m2, le projet conjugue des approches de productions innovantes comme l’aquaponie, la bioponie, l’agroforesterie et la permaculture. Une première en France.

La construction des premières infrastructures est prévue d’ici la fin de l’année au coeur de la commune da Labège à dix minutes de la place du Capitole. Les serres en aquaponie seront en construction au premier trimestre 2018. La Ferme de Labège devrait être en mesure de livrer ses premiers légumes, fruits et plantes aromatiques dès 2018. Pour accompagner ce démarrage, en complément des fonds propres versés par ses sept associés, la société vient de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Blue Bees.

Anthony Cassan est à l’origine de ce projet audacieux. Passionné, il expérimente depuis dix ans les systèmes d’eau recirculée comme l’aquaponie ou la bioponie. Des systèmes agricoles en circuit fermé dans lesquels l’eau se recycle. « J’ai co-créé en 2016 avec deux amis l’association »Le champ du possible« qui porte le projet. Et nous sommes également soutenu par l’Association Toulousaine d’Aquaponie qui accompagne des projets d’exploitations de fermes en aquaponie. Tout s’est accéléré grâce à notre rencontre avec Tanguy de Quelen, le propriétaire des 10.000 mètres carrés de terres agricoles autour de Labège que nous allons pouvoir exploiter », précise Anthony Cassan.

2300 mètres carrés de serre en aquaponie et bioponie

Sur la parcelle, le projet prévoit d’associer des jardins en maraichage et un espace sous serre de 2300 mètres carré dont 300 vont abriter des bassins de pisciculture, 1000 mètres carré seront dédiés à la culture de végétaux en aquaponie et le reste à la culture de végétaux en bioponie. « Le principe de l’aquaponie repose sur l’association de la production de poisson et celle de végétaux en circuit fermé. Echange de bons procédés, les déjections des poissons servent à nourrir en grande partie les plantes et celle-ci épurent l’eau des bassins », précise Anthony Cassan. Une production de végétaux sans aucun intrants donc sur un support comme les graviers alluvionnaire, la roche volcanique ou l’argile sur lequel on vient apporter des amendements organiques par l’eau pour recréer les vertus d’un sol. « Nous associerons des productions piscicoles complémentaires comme l’esturgeon, la truite, le perche avec des productions d’ornements et des productions végétales annuelles sensibles et fragiles comme les aromatiques et certains légumes feuilles et fruits ».

Concernant la culture en bioponie, elle se fera en bacs surélevés. « L’idée est de recréer un écosystème aquatique dans lequel on nourrit le milieu racinaire en matière organique - provenant de compostage - pour les rendre disponible pour les plantes, » précise Anthony Cassan. A terme, ce projet vise la production annuel de six tonnes de poisson et 20 à 25 tonnes de légumes.

Des jardins maraichers en permaculture

A l’extérieur des serres, La Ferme de Labège prévoit une installation d’activités complémentaires selon les principes de la permaculture que l’on ne doit pas réduire à « un système de jardinage », précise l’expert. « La permaculture est une boite à outil de bonnes pratiques pour créer avec la nature dans un écosystème complet. Elle invite à la vigilance sur les matériaux utilisés, la gestion du milieu, des arbres, de l’eau, de la matière organique, et également des circuits de distribution locaux. » Selon ces principes, le projet compte accueillir un bassin de rétention pour valoriser les eaux pluviales, une bergerie et un poulailler pour préparer les espaces de culture et les fertiliser naturellement ainsi que différentes jardins en cultures maraichères avec des espèces rustique à temporalité longues comme les différents choux, carottes, légumes racines et petits fruits. De quoi produire à terme plus de 25 tonnes de légumes et fruits par an.

Côté finances, le plan de développement prévoit un développement sous trois à cinq ans, la mobilisation de 300.000 euros d’investissements et la création de quatre emplois. Outre des fonds propres, du crowdfunding en don et prêt, la société compte mobiliser des financements régionaux et européens.
Aurélie de Varax

Photo et vue perspective 3D DR.

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