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Publié le mercredi 28 mai 2014 à 14h39min par Aurélie de Varax

Transport intelligent : « À Toulouse, les expérimentations vont devoir être fédérées et unifiées »

La mobilité de demain sera plurielle, multimodale et connectée. La région Midi-Pyrénées a tous les atouts pour passer de l’expérimentation à un schéma directeur pour un système de transport intelligent. Explications avec Jean-Luc Maté, président du cluster Automotech.

L’offre de transport intelligent pour les opérateurs publics et privés sera au coeur de la deuxième convention d’affaires sur l’éco-mobilité en Midi-Pyrénées. Un rendez-vous organisé ce lundi 26 mai par le cluster Automotech (ex-Association régionale de l’industrie automobile), en partenariat avec la communauté urbaine de Toulouse Métropole et l’agence régionale Midi-Pyrénées Expansion.
Rencontre avec Jean-Luc Maté, président du cluster Automotech qui rassemble 33 entreprises de la filière automobile régionale.

Quels sont les objectifs de cette seconde convention d’affaires autour de l’éco-mobilité en Midi-Pyrénées ?
Jean-Luc Maté :
L’objectif du cluster Automotech est de rendre le véhicule plus intelligent en misant sur les solutions de mobilité, les systèmes d’information, les énergies nouvelles. En reliant toutes les compétences ensemble en Midi-Pyrénées, nous sommes capables de concevoir des solutions globales de mobilité. C’est quelque chose que nous voulons mettre en évidence dans cette seconde convention. Notre souhait est de faire en sorte que puissent se rapprocher les fournisseurs de solutions de mobilité en Midi-Pyrénées avec la force publique et les territoires. Pour construire ensemble ce que tout le monde souhaite et appelle smart city.

Qu’est-ce qu’un mode de transport intelligent ?
C’est une solution de transport pour une ville intelligente, c’est à dire qui répond à la convergence de deux objectifs majeurs. Un objectif technique : la possibilité pour un coût donné de répondre par un niveau d’énergie consommée et de pollution associé, couplé à un objectif pratique : aller dans le sens d’une mobilité qui permette à l’usager d’aller d’un point à un autre de la ville, au meilleur prix et pour un temps de parcours optimisé. Le tout adapté à la topologie de déplacement d’une ville c’est à dire en prenant en compte aussi la dimension convivialité. On parle aujourd’hui de 220 milliards de dollars d’inefficacité gaspillés dans le transport des grandes métropoles mondiales, en embouteillages, temps d’attente, énergie gaspillée.

Et quels sont les principaux atouts de Midi-Pyrénées ?
Nous sommes extrêmement présents dans les systèmes électroniques embarqués qui vont rendre le véhicule encore plus intelligent et plus connecté (à travers des sociétés comme Actia, Continental et bien d’autres PME). Nous avons une réflexion sur la possibilité d’utiliser cette connectivité et les informations qui en découlent grâce à des spécialistes qui ont développé du service web et une gestion des informations dans des Big data pour gérer les trafics, les flottes, les congestions. Pour construire un système de transport intelligent en temps réel, il faut la composante numérique, des télécommunications, du web et il faut gérer les énergies au niveau des flux et des bornes de recharges. Nous avons toutes ces compétences.

Où se situent les défis majeurs ? Dans la gestion des infrastructures, le modèle économique à trouver ?
L’enjeu du transport intelligent, c’est vraiment de mettre en place une organisation où les acteurs de l’ensemble de la solution sont autour de la même table (les architectes des systèmes et les architectes de leur tarification et du modèle économique). A Toulouse, il y a des expérimentations ( Autopartage, Tisséo…) mais qui sont encore des ilots d’expérimentation par rapport à la construction d’une smart city. Elles vont devoir être fédérées et unifiées. Et le point noir de Toulouse c’est sa connexion avec l’aéroport de Blagnac et le parc industriel d’Airbus. Il va falloir mettre en oeuvre plusieurs solutions dans une approche de sous-systèmes car la solution type n’existe pas. Il faut construire ensemble, - les entreprises, la force publique et les territoires -, un schéma directeur pour un système de transport intelligent.

Y a-t-il une volonté politique dans ce sens ?
Je la sens très forte. Le nouveau maire, Jean-Luc Moudenc, qui est aussi le représentant des grandes ville de plus de 100.000 habitants de France, va faire l’ouverture de cette convention et rester pour initier la table-ronde « Expérimentation sur les territoires ». Avec un support franc et massif.
Propos recueillis par Aurélie de Varax
Sur la photo : Jean-Luc Maté, Président du cluster Automotech.

La 2e convention d’affaires Automotech se déroule ce lundi 26 mai, à partir de 8h30 à l’Arche Marengo de Toulouse.
Au programme de cette journée : cinq tables-rondes qui permettront notamment d’aborder les expérimentations des territoires, le véhicule autonome, ou encore l’énergie électrique et l’hydrogène au service de la mobilité.

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