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Publié le jeudi 28 janvier 2016 à 21h01min par Virginie Mailles Viard

L’entreprise Ecocean basée à Montpellier lauréate Initiative PME-Biodiversité

Des larves de poissons des mers, à celles du Lac Lamartine à Roques sur Garonne, il n’y a qu’une brasse. Les maisons à poissons d’Ecocéan basée à Montpellier, lauréate de Initiative PME-Biodiversité, hébergent la faune aquatique de Haute-Garonne.

Face à des zones littorales touchées par l’homme, Ecocean propose des solutions qui visent à favoriser le cycle de vie des poissons côtiers. Et peut se targuer d’être leader en France dans l’ingénierie écologique marine. L’entreprise agit sur le repeuplement marin par la pose, entre autres, de nurseries artificielles offrant des habitats adaptés pour améliorer le taux de survie des larves arrivant à la côte.

"Nuamce" : un projet à 400.000 euros

Ce sont ces installations de petites maisons à poissons, le projet NUAMCE (Nurseries Artificielles Marines, Côtières et Expérimentales), qui lui valent d’être lauréate du Programme d’investissement d’avenir (PIA), explique Gilles Lecaillon président de la société. « Ecocean sauve des milliers d’espèces différentes, en Méditerranée et dans les mers tropicales. Nous équipons les ports, en posant directement sur les infrastructures des petites nurseries artificielles. On ne les retire pas, on amène la solution sur place. Les faire grandir aide de manière significative le cycle de vie. L’objectif, c’est qu’il y ait plus de poissons dans la mer. Face au destruction des habitats, nous aidons la nature à être plus efficace. »

Le PIA a validé le projet de 400.000 euros "Nuamce", qu’il finance à 50%. « Ce qui va nous aider à payer la validation du gain écologique de nos solutions. Ce suivi écologique permettra de montrer que le produit est opérationnel et efficace. On pourra mieux le vendre. » Ecocean poursuit ses investigations, en projetant d’installer les "Biohut" sur les digues et les zones de mouillage. Des solutions qui intéresseront leurs clients, les collectivités, ou les grands groupes comme EDF. « Nous pouvons les aider à rendre leurs barrages moins impactant, à mettre en place des solutions durables."

Mission Captilarve : tester en eaux douces les outils développés en mer

Les poissons d’eau douce pâtissent des espèces invasives, et de milieux réaménagés par l’homme. C’est au Lac Lamartine, à Roques-sur-Garonne, qu’Ecocean a mis à l’épreuve ses outils adaptés aux monde marin. Le projet Captilarves, capture innovante de larves de poissons, a bénéficié des financements d’Adour Garonne. « Nous avons utilisé un CARE, un attracteur lumineux, qui attire les larves qui cherchent à se cacher. » Au fond du filet, une petite salle de capture. Cet engin de pêche passif a été utilisé dans le cadre d’un programme de R&D, par Ecolab et EDB.

C’est une première, et une réussite se félicite Sébastien Fonbonne en charge du projet pour Ecocean.« Nous cherchons à adapter nos savoir-faire en milieu d’eau douce. Au total, ce sont douze espèces différentes qui ont été collectées. Des informations concernant la période de pêche, la taille des individus capturés et les caractéristiques morphologiques ont ainsi pu être obtenues. Et un guide a été édité. » Captilarves servira d’indicateur sur la reproduction des espèces, de lanceur d’alertes sur une espèces envahissante et permettra un état des lieux des populations de poissons. 


Virginie Mailles Viard