ToulÉco Green

Publié le mercredi 3 décembre 2014 à 20h00min par Aurélie de Varax

« L’avenir de la transition énergétique passe par le collectif »

Une enquête de Gallileo consulting et une étude des cabinets toulousains id&d et Kaizen, publiées cette semaine, soulignent l’importance des projets collectifs public/privé pour avancer dans la transition énergétique et la responsabilité sociétale. Rencontre avec les fondatrices d’id&d et (...)

Selon une enquête de Gallileo consulting publiée cette semaine, les territoires veulent agir sur la transition énergétique mais le passage à l’acte demeure complexe. Jeanne Frangié, vice-présidente de Galliléo souligne que « les territoires attendent une présence plus forte des acteurs privés sur leurs enjeux et leurs besoins. » L’avenir est-il aux projets collaboratifs public-privés pour faire avancer les enjeux énergétiques et plus largement la responsabilité sociétale ? C’est ce que pensent Delphine Lopez et Sophie Poiri, fondatrices des cabinets toulousains id&d et Kaizen, et auteurs de la récente étude « Regards sur les démarches collectives ». Rencontre.

Pourquoi mettre en avant les démarches collectives ?
Delphine Lopez : les PME, TPE et même les collectivités ont du mal à entrer dans des démarches de responsabilité sociétale car le sujet est extrêmement complexe et vaste et ils ne savent pas comment l’aborder. L’idée de cette étude est donc de montrer la force du collectif. A travers le décryptage de huit exemples de démarches collectives réunissant des acteurs très divers, nous voulons susciter le partage d’expériences et de bonnes pratiques, en mettant en avant les réussites et les difficultés. Pour accompagner les acteurs qui souhaiteraient se lancer. Les entreprise ont souvent des enjeux similaires en matière de RSE mais peu de temps et de moyens à y consacrer. En mutualisant, tout devient possible. Et tout le monde y gagne car c’est par l’apprentissage collectif que l’apprentissage individuel se fait.

Un exemple peut-être ?
Delphine Lopez : le projet de révision de la charte du Parc Naturel Régional Livradois- Forez en 2010 a permis de réinterroger la stratégie de développement du territoire et de profiter de cet élan pour introduire auprès des acteurs économiques une réflexion sur leur responsabilité sociétale. La formalisation d’un diagnostic en amont a permis de rassembler les acteurs, de favoriser la coopération, de construire une culture commune, éléments nécessaires pour aboutir à l’élaboration d’une stratégie commune. Résultat dix-huit engagements collectifs pris, 327 entreprises consultées sur leurs pratiques RSE dont 79 ont réalisé leur auto-diagnostic DIAG26000.

Et qu’en est-il de ces dynamiques collectives en Midi-Pyrénées ?
Sophie Poiri  : Nous citons dans l’étude la démarche lancée par la CCI en 2008 pour sensibiliser les acteurs à la RSE qui a débouché sur deux clubs : le Club des dirigeants durables et le Club de consultants CM2d. Mais il semble que le territoire soit moins avancé que d’autres sur ces démarches collectives car il est porté économiquement par les filières aéronautiques et agroalimentaires et nous n’avons pas vraiment de remise en cause sur le schéma de développement économique. Mais il y a un enjeu fort du côté des institutionnels. Beaucoup de collectivités ont fait des choses innovantes mais il y a un manque de mutualisation. Quand elles font un agenda 21, les collectivités ont souvent le projet territorial d’associer les entreprises du territoire sur la politique environnementale, la transition énergétique, mais leurs échelles temps et économie sont différentes et elles ne parlent pas le même vocabulaire d’où la difficulté pour faire émerger des projets. Et pourtant ces démarches collectives permettent de mutualiser les coûts.

Quel enseignement donne votre étude face à cette difficulté ?

Sophie Poiri  : Il faut que les interlocuteurs apprennent à traduire leurs univers pour travailler ensemble. Notre étude souligne que l’animation du porteur de projet joue un rôle prépondérant en la matière. Pour parler RSE à l’entreprise il faut parler performance, conquête de marchés durables et pas seulement des valeurs.
Propos recueillis par Aurélie de Varax.

Sur la photo : Sophie Poiri et Delphine Lopez, fondatrices des cabinets toulousains id&d et Kaizen, et auteurs de la récente étude « Regards sur les démarches collectives ». Crédits : Hélène Ressayres Touléco.