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Publié le jeudi 29 septembre 2016 à 14h25min par Aurélie de Varax

L’agence de l’eau Adour-Garonne mobilise près de 30 millions d’euros pour accompagner les agriculteurs bio

Soucieuse de la ressource en eau et du dynamisme des territoires ruraux, l’agence de l’eau Adour-Garonne accompagne les projets d’agroécologie, d’agroforesterie et d’agriculture biologique sur le Bassin. Rencontre avec Franck Solacroup, directeur du département ressources en eau et milieux (...)

Quelles sont les aides de l’agence en matière d’agriculture pour préserver l’eau ?
Franck Solacroup  : Nous nous situons à tous les niveaux de l’accompagnement vers une agriculture qui soit performante économiquement tout en préservant l’eau. Sur l’amont nous accompagnons les expérimentations et des programmes de recherche sur les nouvelles pratiques agricoles, comme le programme Bag’ages par exemple lancé sur cinq ans. Nous sommes aussi présents au niveau de l’enseignement agricole : nous avons signé dans ce sens une convention avec le ministère de l’agriculture pour accompagner l’émergence d’une prise en compte plus importante de l’eau dans les enseignements sur tout le bassin Adour-Garonne. Plus opérationnellement, nous accompagnons les agriculteurs qui s’engagent dans de nouvelles voies en nous appuyant souvent sur les réseaux d’acteurs qui les forment, que ce soit sur l’achat de matériel innovant et performant, sur des changements de pratiques et le choix de cultures plus économes.

Cette agriculture performante et économe, qu’embrasse-t-elle ?
Elle embrasse plusieurs modes de production : l’agriculture biologique, l’agroforesterie et l’agroécologie qui s’intéresse à la conservation des sols. Car le sol est un milieu vivant qu’il faut respecter pour qu’il puisse jouer son rôle de réacteur biologique. Cela passe par moins de produits chimiques mais également ne pas laisser ses sols nus afin de limiter le ruissellement d’eau polluée vers les milieux aquatiques.

Vous avez parlé de l’agriculture biologique, y a t-il maintenant des aides de l’agence à la conversion des agriculteurs ?
Depuis 2015 l’agriculture biologique est de nouveau reliée au second pilier de la PAC et donc ouvert aux financements de l’Etat, des collectivités et de l’Agence. Sur la période 2015/2016, il y a eu un très fort engouement pour les conversions en bio, de l’ordre de 20% sur l’ex-Midi-Pyrénées. Cette explosion est inédite d’où un effort jamais réalisé au niveau de l’agence pour accompagner ces conversions. Nous allons aider à 100% à la conversion et au maintien de l’agriculture biologique dans toutes nos zones à enjeu « eau » sur le bassin. C’est prioritairement les zones de captage d’eau potable. Sur d’autres secteurs il y a des aides de l’Union Européenne et des aides régionales mais sur ces zones à enjeu, comme il y a des tensions budgétaires, les financements sont mobilisés exclusivement par l’agence. On évalue le besoin entre 25 et 30 millions d’euros sur 2015/2016.

C’est une très bonne nouvelle mais si ce niveau de conversion se maintient, allez-vous pouvoir suivre ?
Nous prévoyons plutôt qu’après la phase d’engouement, le niveau de conversions va ensuite baisser et se stabiliser. Si ce n’est pas le cas, il reviendra à notre conseil d’administration le soin de regarder notre capacité à suivre. Sur la période 2013 à 2018, le budget alloué par l’Agence de l’eau pour accompagner le monde agricole vers des modes de productions qui préservent la ressource en eau est de 118 millions d’euros, soit environ vingt millions d’euros par an pour aller dans le sens d’une agriculture plus vertueuse et économiquement viable. Il faut arriver à reconquérir la qualité de l’eau et maintenir des territoires ruraux dynamiques. Je rappelle que l’agriculture sur le bassin Adour-Garonne pèse 11 milliards de chiffre d’affaires par an, un chiffre qui monte à 16 milliards d’euros si on inclut l’industrie agroalimentaire. C’est avant l’aéronautique et le tourisme.
Propos recueillis par AdV.

Photo agence de l’eau Adour-Garonne

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