ToulÉco Green

Publié le jeudi 1er mars 2018 à 18h00min par Aurélie de Varax

L’École européenne de la transition écologique essaime en Occitanie

Diffusé le 1er février 2018

Inauguré le 27 octobre dernier dans le Sud Toulousain, la jeune École européenne de la transition écologique peaufine son développement. Et pourrait essaimer sa pédagogie adaptée au décrochage scolaire, à Montpellier et à Perpignan.

Elle a ouvert ses portes fin octobre à Lahage dans le Pays Sud Toulousain sur une idée originale de l’association 3PA : sensibiliser les jeunes déscolarisés aux métiers verts dans l’agriculture, l’éco- construction et l’entretien des espaces naturels. L’École européenne de la transition écologique (ETRE) trace actuellement sa route dans de nouveaux locaux de 2500 mètres carrés et avec l’ambition d’essaimer son modèle sur la Région Occitanie, et même au-delà.

« Notre volonté est de mettre l’écologie au service du solidaire », explique Frédérick Mathis, le directeur de l’école et fondateur du projet. Depuis cinq ans, ce dernier propose des dispositifs adaptés aux jeunes déscolarisés autour de l’éducation à l’environnement et aux métiers de la transition écologique. « Dans la transition écologique, il y a beaucoup de professionnels qui ont des parcours atypiques. Du coup nos jeunes qui n’ont pas de parcours tracés s’identifient plus facilement à eux et à ses métiers. Et ce sont des métiers d’avenir », précise le pionnier.

En 2017, par l’intermédiaire de nombreux prescripteurs comme les MJC, les Missions locales et les Clubs de prévention des quartiers, 875 jeunes ont pu bénéficier d’un des sept dispositifs développés par l’École.

Une trentaine de PME partenaires

Parmi les propositions, le dispositif « métiers verts » a beaucoup de succès. « Il vise des jeunes de 21 ans qui ont quitté l’école à 16 ans et n’ont aucun projet d’avenir », énonce Frédérick Mathis. « Nous les accueillons pendant dix jours répartis sur un mois. Tous les matins, ils se rendent chez un artisan professionnel de la transition énergétique - nous avons actuellement une trentaine de partenaires -, pour découvrir son métier et le reste du temps est consacré à des travaux pratiques autour de la construction ossature bois, l’installation de panneaux solaires etc… »

La rencontre avec des professionnels du secteur très enthousiastes et motivés est un moteur essentiel pour les jeunes et ce parcours joue souvent le rôle de catalyseur de motivation. Selon le dirigeant, « Les jeunes trouvent souvent un stage en sortant ou un emploi en Esat ou certains prennent la décision ferme d’aller en centre de désintoxication ».

Péréniser le modèle

Soutenue par la région Occitanie, le département de Haute-Garonne, la Marie de Toulouse, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, Erasmus et des fondations d’Entreprise comme Adecco, Maisons du Monde et la Fondation de France, l’école ETRE tourne avec cinq collaborateurs et 300.000 euros de budget.

2018 va être une année charnière pour péréniser le modèle avec l’essaimage de deux nouvelles écoles dans la Région, à Montpellier et à Narbonne, ainsi que l’ouverture d’une première formation diplomate en septembre : Un CAP en menuiserie bois. « L’Idée est de faciliter l’obtention du diplôme sur deux ans avec notre pédagogie adaptée dans un modèle »école de production« . Les jeunes seront les trois-quart du temps en atelier et toute la production de l’atelier sera vendue à l’extérieur, » précise Frédérick Mathis. De quoi également gonfler les finances.
Aurélie de Varax

Photos : 3PA/Pierre Honoré