ToulÉco Green

Publié le mercredi 12 mars 2014 à 17h48min par Virginie Mailles Viard

JECO 2014 : achats durables, achats responsables, tous concernés 

Au delà du soutien à la politique RSE, les achats responsables confortent les démarches des grands comptes en faveur de l’innovation, des TPE-PME et du Développement Durable. JECO 2014 y consacre sa journée annuelle, le 18 mars. Jean-François Beauquier, président du club des éco-entreprises, animé et coordonné par la CCI (...)

Jean-François Beauquier, qu’est-ce que Jeco, la Journée des éco-entreprises ?
C’est la journée phare de l’année pour le club des éco-entreprises. C’est une journée thématique annuelle, qui a démarré il y a trois ans avec une journée dédiée à la ville durable, puis à la transition environnementale. Cette année, nous avons choisi de traiter des achats responsables.

Qui peut-on retrouver lors de cette journée ?
Jeco repose sur le rassemblement de tous les experts du club, qui sont des sociétés adhérentes aux éco-entreprises. Elle réunit de nombreux experts comme l’Obsar (Observatoire National des Achats Responsables), l’ADEME, l’AFNOR mais aussi des grands comptes privés et publics comme le Conseil Régional, la Mairie de Toulouse, EDF, Veolia, Green buro et bien entendu les éco-entreprises adhérentes. Nous mettons en avant leurs savoir-faire dans la thématique proposée, ils sont conviés à intervenir lors de la conférence, de la table ronde, et des ateliers.

Pourquoi avoir choisi la problématique des achats responsables ?
Nous mettons cette année en avant cette thématique dans le but de favoriser le déploiement de la démarche Développement durable et achats responsables dans les entreprises et collectivités. Nous voulons sensibiliser les grands comptes, publics et privés, au fait que réfléchir un achat à court terme, et au moindre coût n’est pas un bon calcul. L’acheteur, s’il doit avoir une démarche responsable, doit raisonner plutôt offre globale et avoir dans sa politique d’achat une approche sur le court, moyen et long terme. Ces choix aujourd’hui d’acheter au moindre coût sont lourds de conséquences, puisqu’ils signifient que l’acheteur ne se tourne ni vers les meilleurs technologies, ni vers une qualité de services. Or, en face, se trouvent des entreprises innovantes, des TPE, qui pour 60 % d’entre elles peinent à accéder aux marchés. Nous voulons mettre en exergue le fait qu’il y a une politique stratégique d’achats à mener, et qu’elle doit conduire à une interactivité entre les grands comptes et les entreprises.

Mais si ces grands comptes ne se tournent pas vers la meilleure technologie, c’est peut-être par ce qu’il n’ont pas les moyens, ou qu’ils doivent faire des économies ?
Je ne crois pas. Les grands comptes peuvent accéder aux technologies innovantes, c’est une question de volonté. Il est possible dans la commande publique d’intégrer cette politique d’achats responsables. C’est même parfois une obligation légale. Ils peuvent également être soumis dans le cadre de commandes privées à la pression de leurs clients.

De quelle façon ?
Regardez par exemple dans le monde du bâtiment. Un promoteur qui veut investir dans de l’immobilier de bureaux va devoir certifier son bâtiment HQE pour prétendre le vendre plus rapidement à des acheteurs. Concernant la commande publique elle doit elle faire preuve d’une démarche d’exemplarité, et d’accompagnement des sous-traitants et des fournisseurs. Prenez le cas de Toulouse Métropole, qui intègre des critères environnementaux et sociaux avec par exemple la réinsertion par l’emploi, dans ses commandes.

Il y a donc une contrainte juridique qui pousse les grands comptes publics et privés à intégrer ces achats responsables, et également du volontarisme ?
Oui. C’est pour cela qu’un cabinet d’avocats spécialisé dans le développement durable viendra expliquer ces notions lors de la conférence. Ce n’est pas évident d’insérer certaines clauses dans les marchés publics, et certains acteurs malgré leur envie, n’ont pas la connaissance suffisante et sont face à une complexité juridique.

Est-ce que les éco-entreprises de Midi-Pyrénées sont particulièrement au fait de cette question de l’achat responsable ?
Oui, elle peuvent répondre complètement à cette problématique. Pour cela, des ateliers techniques sur les déchets, l’énergie, la gestion de l’eau, l’étiquetage, viendront éclairer cette politique des achats responsables. A travers des pistes, et des solutions, les acheteurs des entreprises et des collectivités pourront voir comment cette question s’intègre dans une raisonnement global sur le développement durable.

Mais comment se concrétise, dans la vie d’une entreprise, la politique des achats responsables ?
C’est présent dans tous les actes d’achats : l’informatique avec son matériel peu consommateur en énergie, l’achat du papier recyclé… en fait cela touche tous les postes d’achat de l’entreprise, du produit de première nécessité, comme le crayon à 50 centimes, jusqu’à la conception d’un nouveau bâtiment qui peut coûter plusieurs millions d’euros !

En quoi ces achats responsables sont-ils une valeur ajoutée pour l’entreprise ?
Pas une, mais au moins deux : en interne, une entreprise ou une collectivité qui s’engage dans une démarche de RSE, va y intégrer une politique d’achats responsables. C’est une démarche de progrès en interne. Ensuite, en externe, dans le cadre de sa communication, et vis-à-vis de ses parties prenantes, de ses clients, c’est un point très positif.

Propos recueillis par Virginie Mailles Viard

Légendes photos : Jean-François Beauquier, président du club des éco-entreprises, animé et coordonné par la CCI Midi-Pyrénées.

Rendez-vous le 18 mars à Entiore. Au programme :

Matinée (9h30-12h30)

  • Conférence « Les achats responsables : enjeux et perspectives » Interventions de l’Observatoire National des Achats Responsables, de l’AFNOR, de l’ADEME et d’un cabinet juridique
  • Table ronde « Créer de la valeur par les achats responsables » - Témoignages d’acheteurs publics et privés Cocktail déjeunatoire Après-Midi (14h00-17h00)
  • Ateliers techniques sur des sujets répondant aux préoccupations des acheteurs publics et privés.