ToulÉco Green

Publié le mercredi 2 mai 2018 à 09h56min par Aurélie de Varax

Invasion des Steakeurs, une nouvelle marque de viande bovine 100% ariégeoise

Une nouvelle gamme de viande, du « jeune Bovin », fleurit dans les supermarchés ariégeois et bientôt du Sud-Ouest. Lancée par un collectif d’éleveurs, « Les Steakers » vise une viande locale au prix juste et une meilleure répartition de la valeur ajoutée sur la filière.

L’arrivée fin mars de la nouvelle gamme de viande bovine « Les Steakers » au rayon boucherie des supermarchés ariégeois a été accueillie en liesse par la bande des Steakers, quinze éleveurs ariégeois à l’origine de ce projet innovant porté depuis cinq ans. « Tout a commencé en 2013 », raconte Mélanie Atger, chargée de projet à la chambre d’agriculture de l’Ariège qui accompagne le projet, à plein temps. « Le collectif est venu nous voir avec l’ambition de valoriser les débouchées pour leurs animaux localement en créant une nouvelle viande : le jeune bovin. » Dans le département de l’Ariège, l’élevage de bovins allaitants est prédominant, avec 750 exploitations. Mais 80% des bovins allaitants sont commercialisés à six mois à l’export pour l’engraissement (broutards) en Italie et en Espagne, et seulement 10% des animaux sont aujourd’hui vendus localement.

Face à cette dépendance aux marchés italiens et espagnols, le collectif ariégeois a donc souhaité trouver une alternative crédible et accessible à une majorité d’éleveurs et retrouver la valeur ajoutée de leur travail. « On ne change rien au système d’exploitation », précise Mélanie Atger. « L’idée est d’engraisser les jeunes bêtes en France avec des céréales et des protéines sans OGM et du foin et de les vendre en France, entre neuf et douze mois. la viande ressemble à du veau rosé. Elle a plus de gout que le veau mais est moins grasse que le boeuf. »

Emergence d’une filière

Pour viabiliser ce projet, la Chambre d’agriculture a été d’un précieux recours, mobilisant les fonds européens et régionaux nécessaires au financement du portage du projet et à son lancement. « Il a fallu tout créer, la structure juridique, les partenariats sur une filière collective de façon à ce que chacun s’y retrouve ainsi que l’ingénierie avec une gamme qui valorise la carcasse, muscle par muscle », raconte Mélanie Atger.

Créée en juillet 2016, l’association de Valorisation du Très Jeune Bovin a pour objectif de valoriser la production, veiller à l’application du cahier des charges et fixer chaque trimestre les tarifs d’achat et de vente pour ainsi valoriser le développement économique et social des exploitations et des opérateurs de la filière. Sont membres les éleveurs engagés et des opérateurs de la filière : la Coopérative Arterris (collecte des animaux), l’abattoir de Saint-Girons (abattage), les Fils de Fort Basile (préparation et emballage) et bientôt la grande distribution du Sud-Ouest. Une SAS a également été lancée pour commercialiser les produits sous marque, présidée par le collectif. La structure rémunère pour l’instant un commercial à la commission. « L’objectif n’est pas de faire des bénéfices mais du commerce équitable », ajoute la coordinatrice. « Aujourd’hui les éleveurs encaissent en moyenne 200 euros de plus par veau. »

D’ici la fin de l’année, Les Steakers comptent écouler six carcasses par semaine dans les supermarchés du Sud-Ouest, soit 3600 barquettes. Et visent un chiffre d’affaires 2018 estimé à 400.000 euros dont la motié reviendra aux éleveurs. La SAS espère rallier 50 éleveurs d’ici 2020 et doubler la mise.
Aurélie de Varax

Photo DR.