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Publié le mercredi 12 juillet 2017 à 18h47min par Aurélie de Varax

Inauguration du réseau de chaleur Econotre à Bessières, en Haute-Garonne

Véritable boucle d’économie circulaire, le réseau de chaleur Econotre, conçu et exploité par Suez, a été inauguré à Bessières le 7 juillet. Il permet d’utiliser la chaleur de l’usine d’incinération des déchets pour alimenter quatre hectares de serres de tomates zéro pesticides.

Depuis Bessières en Haute-Garonne, le Groupe Suez et le syndicat mixte Decoset ont inauguré vendredi 7 juillet le réseau de chaleur Haute Performance de l’écopôle Econotre. Breveté par Suez et unique en France, il permet à cette plateforme industrielle construite en 2001 de traiter les 200.000 tonnes de déchets des 153 communes environnantes (924.000 habitants) en bouclant la boucle d’une économie circulaire de proximité.

Outre la valorisation de la collecte sélective, la production de mâchefers et de compost ainsi que la production d’électricité à partir de la chaleur dégagée par la combustion des déchets, ce nouveau réseau de chaleur Haute-Performance subventionné par l’Ademe permet à l’Econotre depuis janvier 2016 de récupérer de l’énergie basse température pour alimenter en chauffage quatre hectares de serres maraichères de tomates. Construites en périphérie du centre, les Serres de Bessières visent les dix hectares cultivés hors sol d’ici fin 2017 et ambitionnent de conquérir 22% du marché des tomates fraiches du bassin toulousain grâce à leurs fruits zéro pesticides, à moins d’un euro le kilo.

Place à la co-génération Haute Performance (énergétique et thermique)

Dès 2001, le maire de Bessières Jean-Luc Raysseguier mettait cet ambitieux projet sur les rails en signant avec Suez une charte pour étudier un projet de co-génération pour utiliser la chaleur du site. Via la technologie de cogénération Haute performance CHP+ brevetée il y a quelques années par le groupe Suez, Econotre a pu transformer la chaleur de la combustion des déchets en électricité grâce à un turbo-alternateur. Ce système permet de produire chaque année 100.000 mégawatheures soit l’équivalent des besoins annuels de 17.700 foyers. Mais jusqu’en 2016, l’énergie thermique restante et disponible sous basse température à 50 degrés n’était pas réutilisée.

« Dès 2008, nous avions plusieurs propositions et des études détaillées nous ont montré que c’était le maraichage qui utiliserait le mieux la chaleur thermique disponible », se souvient Jean-Luc Jean-Luc Raysseguier. Un appel à projets a donc été lancé et c’est le projet de serres maraichères de tomate de Gilles Briffaut, agriculteur, qui a été choisi. En parallèle, il a fallu trouver un procédé de récupération de la chaleur basse température, une innovation signée Suez. « Au final cette récupération d’énergie basse température que Suez a mis au point grâce à un procédé Haute Performance permet non seulement d’atteindre des niveaux élevés de valorisation énergétique mais également, pour les serres maraichères, de réaliser une économie de 2200 tonnes équivalent pétrole et 6000 tonnes de CO2 pour ses besoins de chauffage, » a rappelé Gaël Spitz, directeur d’Econotre.

Dans les années à venir, les 150 gigawattheures de chaleur encore disponibles seront utilisés, entre autres, pour de nouvelles serres permettant, à terme, de générer plus de cent emplois non délocalisables.
Aurélie de Varax

Photo : DR