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Publié le jeudi 5 octobre 2017 à 20h22min par Aurélie de Varax

Le financeur solidaire IéS s’installe à Montpellier

Le financeur solidaire basé à Toulouse étend son rayon d’action sur l’ex Languedoc-Roussillon, à commencer par l’ouverture d’un premier bureau à Montpellier.

IéS (Initiatives pour une économie solidaire) fêtera sa vingtième année en 2018. Dans cette perspective, la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) basée à Toulouse, qui a déjà accompagné et financé 116 entreprises en Midi-Pyrénées ayant permis de créer ou consolider au total quelques 1200 emplois, étend son rayon d’action sur l’Occitanie. Première étape : Montpellier à travers l’ouverture ce mardi 3 octobre d’un local à la boutique partagée « Le Faubourg ». « Un lieu ouvert, collaboratif, où les équipes pourront accueillir à la carte les porteurs de projets, les citoyens, les partenaires pour des réunions de travail, d’information et de formation… », explique Carine Blanc, Déléguée Générale.

Après Montpellier pour l’Hérault, le financer solidaire compte essaimer dans tout l’ex-Languedoc-Roussillon, à commencer par l’Aude et les Pyrénées-Orientales, où la SCIC soutient déjà à titre expérimental trois porteurs de projet d’économie sociale et solidaire. Parmi ces derniers, le Fab Lab catalan Square Go Lab, créé sous la forme d’une petite coopérative en 2015, a ainsi bénéficié d’un financement solidaire de 8000 euros, dont 3000 en capital et 5000 euros en compte courant associé. « L’Est de l’Occitanie a cette particularité de disposer de plusieurs pôles importants autour de sa principale Métropole. Tout ne se passe pas qu’à Montpellier », observe la responsable d’IéS. A l’heure où l’économie sociale et solidaire (ESS) a le vent en poupe, ce territoire dispose sur ce terrain là d’une longueur d’avance : à commencer par la présence d’un réseau dédié dans l’accompagnement de ces projets innovants, en particulier le premier incubateur en France de start-up « Alter Incub » - copié depuis sa création par un certain nombre de régions - ou encore le pôle Realis. Sans doute, du fait de ses caractéristiques économiques et notamment de la prédominance de ses TPE et PME, « l’ex Languedoc-Roussillon a été la première région à s’interroger sur l’accompagnement et le financement de l’ESS », analyse Carine Blanc.
 

Un mouvement de fond

D’ici trois ans, tous les départements de l’Occitanie devraient bénéficier d’un relais IéS. Un maillage qui vient conforter un des grands leviers du développement de l’économie sociale et solidaire : son ancrage territorial. « Nous accompagnons un mouvement de fond de la société civile, précise la déléguée générale. Les citoyens veulent choisir où va leur épargne et se recentrent sur le local dans leurs choix de consommation, comme de financement ».

Ils sont à ce jour 951 coopérateurs IéS, dont 70 personnes morales à financer quelques 65 entreprises représentant plus de 760 emplois. « Nous finançons souvent le fonds de roulement qui permet, par effet de levier, d’aller chercher du financement plus important. Nous mettons en quelque sorte le pied à l’étrier », résume la déléguée générale de la société coopérative. IéS peut donc afficher un certain optimisme : elle projette déjà de soutenir « une vingtaine d’entreprises par an, représentant près de 300.000 euros d’investissements annuels en fonds propres ».
Nathalie Sanselme

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