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Publié le jeudi 1er octobre 2015 à 15h45min par Virginie Mailles Viard

Hautes-Pyrénées. UTV65, le nouveau Sivens du ministère de l’Écologie

Au nord de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, le projet d’une unité de traitement et de valorisation des déchets se heurte aux riverains de Bordères-sur-l’Echez, aux associations environnementales et à des élus locaux. Des zadistes occupent le futur terrain de l’UTV65.

UTV65 pourrait bien être le prochain Sivens du ministère de l’Écologie. Voilà que la conférence de presse du lanceur du projet, le SMTD ( Syndicat mixte de traitement des déchets) vient d’être annulée, et que l’on renvoie poliment les journalistes à une date ultérieure pour présenter la future usine de tri mécano-biologique. Et pour cause, les citoyens des communes situées dans la zone d’impact qui refusent cette implantation ont fait appel aux zadistes (ZAD, zone à défendre). Ils occupent actuellement le terrain, jour et nuit.

Un projet de 58 millions d’euros

UTV65, c’est une usine de tri mécano-biologique pour assurer le traitement de 70.000 tonnes de déchets du département des Hautes-Pyrénées. Une partie organique destinée à la méthanisation et au compost, les métaux et plastiques valorisés, les déchets résiduels en centre de stockage. UTV65, c’est un projet qui en 2010 coûtait 30 millions d’euros, pour atteindre les 58 millions d’euros en 2014. Le département des Hautes-Pyrénées abonderait à hauteur de 15 millions d’euros, s’il dispose de l’aval du ministère de l’Écologie. UTV65, portée par le SMTD, le constructeur Vinci et le gestionnaire Veolia s’étendra sur 5,7 hectares, pour s’implanter à un kilomètre du centre ville de Bordères-sur-l’Echez.

A quelques centaines de mètres de là, des habitations, et des riverains qui craignent la proximité d’une telle usine. Patrick Millot, président de l’association Adrise [1], redoute des nuisances sérieuses, celles-là même qui ont valu au bout de quatre années de fonctionnement, la fermeture de l’usine d’Angers, la jumelle de l’UTV65. « Il y a les mouches, et les odeurs qui n’arrivent pas tout de suite, au bout d’une année de fonctionnement, et qui nécessitent des pulvérisations de produits. Quels effets sur notre santé, et celle de nos enfants ? Angers a dépensé 30.000 euros par an d’insecticides. »
Il y a pour l’association, la certitude de la dégringolade des prix de l’immobilier, avec une baisse de 40% de la valeur des biens. L’Adrise dénonce une usine d’un autre temps, qui ne correspond pas aux exigences du Grenelle. « Le compost qui en sortira n’est toléré que par la loi française ! Même Veolia le déconseille en Angleterre, où la réglementation est différente, parce qu’il est toxique, et non trié en amont. Et c’est cela même que l’on va épandre dans nos champs agricoles. L’Ademe refuse de subventionner ce projet, qui ne correspond plus aux lois actuelles, et que nous allons tous payer très cher. »

L’Adrise joue la montre et compte sur les élections régionales

L’association a déposé de nombreux recours pour presser la préfecture des Hautes-Pyrénées de refuser UTV65. Trois années de bataille judiciaire, et de propositions alternatives rappelle Patrick Millot. « Nous avons envisagé des solutions moins coûteuses, avec notamment une entreprise qui transforme le plastique en carburant, le tri des déchets fermentescibles à la source, et l’envoi des déchets ultimes en centre d’enfouissement. » Mais la Préfète a pour l’instant tranché en faveur d’UTV65. Reste le recours contre l’autorisation d’exploiter, et là c’est la course contre la montre. L’association mise sur l’effet domino de la loi, qui remettrait en cause in fine le permis de construire. Elle espère que les élections régionales joueront en sa faveur, mais pour tout cela, « il faut gagner du temps, » explique Patrick Millot. D’où l’occupation des lieux par les zadistes. Premier effet domino : le SMTD a dû construire le quai de transfert prévu à Bordères-sur-l’Echez sur la Zac des Pyrénées, à Ibos.

Virginie Mailles Viard
Sur la photo, des zadistes s’installent sur le futur terrain de l’UTV65.

Notes

[1Association de Défense des RIverains des Stations d’Epuration et installations de traitement des déchets

1 Commentaire

  • Le 2 octobre 2015 à 02:13 , par lobry

    Bonjour à vous

    Je me permets de réagir car j’ai vécu de telles expropriations en étant agriculteur que cela m’interpelle .

    Cela était en 1989 , lors de mon installation , j’étais aide familiale suite au décés de mon pére j’assiste aux réunions où il y avait un représentant du conseil général-un géomètre-un conseiller municipal qui était un colègue donc cool , bref , ils nous ont toujours certifié que les réunions servaient à trouver un accord , certes , on l’a trouvé mais le premier tracé du tgv qui passe à gauche de l’A1 , dérrière chez moi , IKEA est mon voisin au fnd de mes patures , j’ai toujours une pension de chevaux crée en 91 lors de mon installation .

    Alors oui , je suis d’accord avec vs , je me suis battu aussi , dis non à l’Europe à Strasbourg en 1992 lors du passage à l’Europe , mais on se bat contre qui ?, l’état , ok ils paient , on a rien laché , mais vous avez la chance ici ds les pyrénnées ( je suis d’Hénin-Beaumont 62 , !! , d’avoir des subventions comme Madame Royal ou les ministres qui viennent , par exemple qui vous aident

    On a la chance nous dans le Pas-de-Calais d’étre aussi bien lotis que vs ?, malheureusement non

    Je vs souhaite une bonne continuation
    Cordialement
    Lobry Anthony

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