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Publié le jeudi 7 janvier 2016 à 21h07min par Virginie Mailles Viard

Haute-Garonne. Arbas, une chaudière bois comme moteur du développement rural et durable

Une chaudière bois pour tout un village de montagne, c’est une première en Haute-Garonne. Mais la chaudière d’Arbas est de surcroît la première étape d’une plate-forme dédiée au chauffage bois qui desservira toute la vallée. Une aubaine pour la filière bois-énergie.

Pour François Arcangeli, maire d’Arbas et conseiller régional écologiste, le défi est environnemental et économique : rationaliser la consommation d’énergie de la commune en utilisant les ressources locales, à commencer par le bois. La densité du bâti d’Arbas, petit village de 250 habitants installé aux pieds des Pyrénées, est un atout de poids. « Tous les bâtiments communaux qui fonctionnent aujourd’hui à l’électrique seront raccordés, la mairie, la salle polyvalente, l’école, l’agence postale, la maison des associations, la bibliothèque et les douze logements communaux. A une telle échelle, notre installation est une première en Comminges. » Les particuliers situés à proximité de la chaudière bois seront eux aussi, dès l’hiver 2016, les bénéficiaires de ce système pensé pour la collectivité et géré par la collectivité.

Derrière tout projet de chaudière bois se pose la question de la provenance du bois. Ici, pour les premiers pas du fonctionnement, il proviendra du Sivom de Saint-Gaudens ou d’Ariège, département frontalier du Comminges. « Mais à terme, nous utiliserons du bois communal » précise François Arcangeli. La commune, plongée au cœur d’un massif forestier, dispose de 450 hectares de forêt communale. Mais là encore, le village du Pays de l’Ours, veut montrer la voie à suivre dans la gestion des forêts. « Nous avons demandé à l’ONF un plan d’exploitation de la forêt communale. Le Conservatoire d’Espace Naturel de Midi-Pyrénées, le Cen, va nous apporter son expertise environnementale. Nous voulons mener une exploitation exemplaire. Ainsi sur les 450 hectares, 380 ne seront pas exploités. Les coupes sélectives permettant une regénération naturelle de la forêt. En limitant notre exploitation à 72 hectares sur vingt ans, on devrait atteindre une moyenne de 350 mètres cubes par an. »

Arbas, une plate-forme partagée de bois plaquettes pour la vallée

La matière première sera du bois déchiqueté qui permet l’usage de toutes sortes de bois. « Avec le bois déchiqueté il n’y a pas de mauvais bois. Les essences ont toutes les mêmes valeurs caloriques. Ainsi, on récupèrera les haies taillées du village, que l’on pourra broyer puis brûler pour alimenter la chaudière. » L’installation de la chaudière d’Arbas et son réseau de chaleur, soutenus à 60% par des fonds européens FEDER, coûte 650 000 euros, dont 90 000 euros d’étude. Face à des factures électriques qui explosent, la chaudière bois doit permettre une économie de 30%. Des chiffres qui ont du sens pour les foyers en difficulté rappelle le maire d’Arbas. « De plus en plus de gens ont du mal à se chauffer à cause du prix. Avec ce projet nous luttons contre la précarité énergétique. »

En aval de ce projet de chaudière pour son village, François Arcangeli projette une vision prometteuse pour la filière bois-énergie. « Nous souhaitons faire d’Arbas une plate-forme partagée de bois plaquettes pour la vallée. Elle peut être portée par un privé, prêt à faire du bois plaquettes, ou par une commune. Cette plate-forme desservira plusieurs sites, équipés de chaudières bois comme Aspet, ou Salies du Salat, nous mutualiserons ainsi notre ressource. C’est un axe de développement pour le Comminges, que je relie au projet de Parc Naturel Régional Comminges Pyrénées. » Le PNR qui n’est ni un conservatoire, ni une réserve mais un outil de développement rural. La commune d’Arbas sera raccordée à la chaudière bois dès l’hiver 2016.

Virginie Mailles Viard