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Publié le jeudi 26 février 2015 à 14h36min par Aurélie de Varax

Gerard Bardou, Ademe : « Neuf entreprises sur dix sous-estiment le coût de leurs déchets »

A l’occasion de la 4e édition du colloque « Filières déchets et matières premières secondaires en Midi-Pyrénées » organisé à Toulouse par l’Ordimip, l’Ademe et la CCI le 3 mars, Gérard Bardou, expert à l’Ademe, explique les défis majeurs de la gestion des déchets sur le territoire.

Gérard Bardou, quel est l’enjeu de ce colloque sur les déchets et qu’en attendent les participants ?
Ce colloque a pour vocation de répondre aux besoins d’information des collectivités et des entreprises face à la hausse des coûts de gestion de leurs déchets et aux nombreuses évolutions réglementaires qui multiplient les filières de valorisation des déchets.

Quels sont aujourd’hui les défis majeurs de la collecte de déchets et de leur transformation en matières secondaires en Midi-Pyrénées ?
Le point essentiel au niveau national et régional - il faut faire référence à la loi de transition énergétique - est la lutte contre le gaspillage et la promotion de l’économie circulaire, de la conception des produits à leur recyclage. Les actions concrètes à mener sont : la diminution de la quantité de déchets produits en poursuivant les objectif de 2030 (réduction de 7% des déchets ménagers et assimilés par habitants) ; la stabilisation des quantités de déchets issus d’activités économiques notamment ceux du BTP, secteur prioritaire avec les déchets organiques ; la réduction de 50% de la quantité de déchets mis en décharge à horizon 2025 et au niveau du recyclage, la définition d’objectifs de recyclage pour les différentes catégories de déchets (pour le BTP l’objectif est à 70% à horizon 2020). Enfin, il faut interdire la discrimination à la source à l’encontre des déchets recyclés, type plastique recyclé dans les emballages ou matériaux recyclés sur les chantiers.

Y a-t-il en Midi-Pyrénées des filières de valorisation exemplaires ou pionnières ?
Au-delà des filières à responsabilité élargie des producteurs imposées par l’Europe ou la France ou nées du volontariat, nous avons par exemple, à l’Union, une unité qui gère la déconstruction et le recyclage des frigos qui s’appelle Frigopolis. A Gaillac il y a deux flières : Surplus moto qui recycle les pièces de moteur et valorise tous les autres éléments que ce soit métaux ou plastiques et Alphacan qui fabrique des portes et fenêtres en PVC recyclé et valorise aussi les déchets de leurs clients grossistes issus de la déconstruction. En Midi-Pyrénées on a aussi quelques filières pionnières comme la valorisation des filtres à huile par les établissements Briane en Aveyron, la valorisation des cartouches de chasse usagées mise en place par la Fédération régionale des chasseurs ou encore une filière de recyclage des montres à Lectoure dans le Gers.

Peut-on réduire ses coûts en réduisant ses déchets et comment ?
Neuf entreprises sur dix sous-estiment le coût de leurs déchets en l’assimilant aux seules factures de gestion de leurs prestataires déchets. Or ces factures représentent moins de 7% de ce coût complet. L’Ademe a travaillé sur une nouvelle méthodologie pour calculer le vrai coût des déchets qui sera présentée lors du colloque mardi. Il ne faut pas intégrer uniquement la gestion des déchets et l’élimination, il faut intégrer aussi l’amont, les achats et tout ce qui est éco-conception. L’Ademe a fait une opération entreprise témoin avec 40 entreprises sur toute la France, de tous secteurs et tailles. Elles ont réalisé 1,5 millions d’économies par an, grâce à des actions sur leurs déchets. 80% de ces actions vient de la prévention liée à la réduction des pertes, notamment en travaillant mieux sur les achats.
Propos recueillis par Aurélie de Varax.

Photo : Hélène Ressayres pour ToulÉco.

Destiné aux entreprises et collectivités , le 4e colloque « Filières déchets et matières premières secondaires en Midi‐Pyrénées » se tiendra le 3 mars, à 8 heures 30 au Palais consulaire de la CCI de Toulouse.
Renseignements sur le site de l’Ordimip.