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Publié le mercredi 29 octobre 2014 à 14h44min par Aurélie de Varax

Essenciagua, l’huile essentielle grand cru

Entreprise artisanale, Essenciagua distille les plantes de Midi-Pyrénées. Elle vise l’excellence en misant sur un circuit court, le bio et une distillerie qui allie technicité et savoir-faire artisanal.

Se soigner par les plantes est devenu tendance. « C’est une réponse à l’envie de consommer autrement, de revenir à des produits simples et traçés pour tourner la page des scandales sanitaires », analyse Laurent Gautun. En 2005, ce biochimiste de formation décide de quitter la chimie du pétrole, Elf Aquitaine, pour la chimie du vivant. A Laguépie dans le Tarn et Garonne, il crée Essenciagua, une entreprise qui distille les plantes de Midi-Pyrénées dans une logique de partenariat avec une quinzaine de cueilleurs et producteurs de la région.
« Il n’y a pas que Grasse et le sud-est. En Midi-Pyrénées, nous avons l’atout de la diversité des sols, des climats et des plantes et l’ensoleillement se prête très bien à la production de plantes à parfums ». Aujourd’hui Essenciagua travaille trente-cinq plantes transformées en huiles essentielles et en eaux florales déclinées dans un catalogue de 150 références pour le secteur de la santé. L’entreprise affiche une croissance annuelle de 15 à 20% et prévoit 500.000 euros de chiffre d’affaires sur 2014, digne récompense à la ténacité d’un entrepreneur sur tous les fronts, du champ au flacon.

Relocaliser en misant sur la qualité

« 90% des huiles essentielles vendues en France sont importées. Sur ce marché où le négoce domine, j’ai choisi de miser sur la qualité : une production française et bio et une logique de circuit court. » Laurent Gautun valorise ces atouts majeurs à travers une marque : « Huile Essentielle Artisanale Française. » Son objectif : devenir un acteur incontournable de l’aromathérapie médicale. « Nous réalisons 10% des ventes à l’étranger et Essenciagua commence à avoir une reconnaissance des spécialistes. » Un atout de taille sur un marché où la réglementation n’autorise pas encore à communiquer sur l’ensemble des usages du produits et où la notion de vente accompagnée est pourtant primordiale.

Alors rien n’est laissé au hasard. L’entrepreneur travaille en relation étroite avec ses fournisseurs et il veille à ce que les plantes soient récoltées au meilleur moment. Côté production, « nous avons développé nos propres outils à partir de l’observation pour optimiser le contact entre la vapeur et la plante lors de la distillation », et optimiser ainsi l’extraction.
A ce jour la capacité de la distillerie est de 500 tonnes de plantes par an et des discussions sont en cours avec les partenaires d’Essenciagua pour monter en puissance sans perdre son âme.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Laurent Gautun à la tâche : manipulation du col de cygne. Photo Essenciagua.