ToulÉco Green

Publié le mardi 24 janvier 2017 à 09h01min par Aurélie de Varax

Éoliennes flottantes Eolmed : la concertation est lancée

Le projet de parc éolien offshore Eolmed, porté par le Groupe Quadran (Béziers), projette la construction de quatre éoliennes flottantes de six Megawatts au large de Gruissan et de Port-la-Nouvelle, dans l’Aude. La concertation des entreprises a été officiellement lancée le 20 janvier, à Port-la-Nouvelle, en présence de tous les acteurs du projet.

Lauréat de l’appel à projet national, Eolmed devrait voir le jour en 2020. L’objectif actuel est de préfigurer une filière régionale. La Ville de Port-la-Nouvelle porte le projet d’agrandissement de son port pour accueillir le site de construction des barges flottantes.

1 Commentaire

  • Le 22 février à 09:09 , par Dominique Blanchard

    Très intentionnellement, le CIDPMEM 66/11 a souhaité se comporter en observateur à la réunion du 10 février en considération d’une période électorale sensible (installation du conseil le 17).

    Ceci a permis d’analyser en temps présent, l’avis de la profession, qui soulignons le, est sollicitée depuis 20 ans à la concertation de l’éolien offshore au large de Port la Nouvelle / Gruissan, passant de petits promoteurs (ENERPOL – NEOEN….) aux plus illustres (TOTAL – FINA – EDF…..) et dont les montages « sociétaux – financiers » n’ont cessé de se métamorphoser et ne cesse d’évoluer à l’exemple de QUADRAN.

    En 20 années, l’esprit est resté stable : « les pêcheurs veulent bien des éoliennes, mais ne souhaitent pas être contraint et surtout maintenir leur activité en conservant l’importance économique ». Ces généralités, non circonstanciées, n’apportent rien de constructif à la concertation. Elles meublent le débat à la grande satisfaction du promoteur à qui est offert la possibilité d’occulter l’essentiel.

    Ainsi, une présentation vétuste (2013/2014) de la filière pêche n’a pas étonné ! (les plus anciennes données du comité, elles, datent de 2015) pas plus que les explications floues considérées comme réponses.

    Enfin, le comble est la délicatesse avec laquelle les sujets fondamentaux « atouts et faiblesses » « opportunités et menaces » ont été bâclés en fin de réunion (exposé oral expédié – mode d’écriture illisible sur écran). D’ailleurs, auparavant, la phase importante des « mesures compensatoires » avait subi un traitement identique !

    Néanmoins deux propositions concrètes, au retour d’expérience reconnu, auraient mérité un meilleur développement. Le chalut de dépollution, présenté par le représentant du segment, dont la société THOMSEA (un ancien pêcheur : Thierry THOMAZEAU) a obtenu un brevet en 2003 et l’exposé proposé par le directoire sur les récifs artificiels au JAPON dont la notoriété en la matière n’est plus à démontrer. Au Japon, les récifs datent de 1650 et n’ont cessé d’être développés avec, dès les années 60, de véritables programmes d’Etat.

    Les effets de l’implantation d’un parc éolien sur les activités de pêche doivent être caractérisés. Les impacts toutefois déterminés permettront la mise en place de mesures tendant à les réduire ou les compenser, le cas échéant. Les précisions de ces cas de figure ont totalement échappé au débat du 10 février.

    Une liste non exhaustive d’impacts potentiels est dressée en considération de nos 20 années de harcelement regrettant que le législateur ait omis de classer l’éolien offshore « ICPE » ce qui aurait permis de rentrer directement dans les détails techniques et tous les risques posant interrogations.
    Hormis, cette restriction continue de l’espace de travail digne des raisonnements de monsieur LAPALISSE, le comité soumet les interrogations et inquiétudes suivantes :
     l’encadrement bien trop formel accompagné de buffets appel une certaine méfiance pouvant compromettre l’acceptabilité.
     les nuisances générées par les travaux de construction n’est pas négligeable.
     bruit de battage qui peut-être perçu par certaines espèces jusqu’à 80 kms – pour d’autres fuite jusqu’à 40 kms – perturbations voir blessures auditives avec cas de mortalité.
     turbidité facteur de diminution d’oxygène et pouvant nuire à la qualité des eaux ! remise en suspension de sédiments contaminés ! mêmes observations pour les opérations d’ensouillage. Baisse de la photosynthèse. Colmatage des branchies des poissons. Organismes filtreurs et développement des macroalgues aussi impactés.
     déversement accidentel d’huiles, hydrocarbures, détergents, peintures.
     démantèlement problématique occultée mais perturbations quasi-analogue à la construction.
     nuisances d’exploitation la plus redoutée par la profession est l’usage de produits nécessaire à la protection anticorrosion libérant, sur la durée de la concession, des tonnes de composés métalliques. Les anodes artificielles sont principalement composées d’aluminium, de zinc et de métaux lourds ne se dissolvant pas.

    Silence complet sur l’évaluation de ces conséquences environnementales.
     bruit en exploitation quel impact sur les poissons ? combien de dB dans un rayon de 100 m et 500 m.
     vibrations impacts mal connus mais réels (vibrations dues à la rotation des pales se propagent dans l’eau).
     le risque accidentologie a-t-il aussi été estimé (usure, tempête, foudre, perte de pales…).
     impact suspecté en terme de champ magnétique pouvant jouer un rôle majeur sur l’orientation de certains poissons, le dérèglement des appareils de navigation et les outils d’exploitation.

    Mesures compensatoires
    Le mécanisme d’indemnisations est totalement ignoré des responsables actuels de la pêche en place, et pour cause, les développeurs éoliens se gardent bien d’en faire un sujet de discussion.
    La taxe régie par le Code Général des Impôts et applicable après une année d’exploitation est totalement déconnectée des mesures compensatoires pouvant être négociées avec les développeurs. Les professionnels doivent le savoir ! « le mécanisme d’indemnisation par le promoteur devra être défini en association avec le comité des pêches responsable. En cas de difficultés pour établir le protocole, le CNPMEM pourra être sollicité » (CNPMEM – Position des comités – Décembre 2015)

    Présentement et en garantie d’une large acceptabilité, deux projets d’intérêt collectif recueillent l’aval de la quasi-totalité des effectifs :
     l’agrandissement des locaux de la Prud’homie de Port la Nouvelle dans l’objectif de créer une « Maison de la Mer » mutualisant tous les services utiles aux marins (Prud’homie – Comité des Pêches – Caisse Intempéries – Formation professionnelle – Service social des gens de mer – Médecine des gens de mer – examen du permis de navigation plaisance).

    Le permis de construire est obtenu pour une validité de deux années, soit jusqu’à août 2018. Le projet stagne faute de moyens financiers.

     le soutien à la Caisse Intempéries
    La Caisse Intempéries fonctionne relativement au modèle de celle du bâtiment, bien plus ancienne. Elle est ouverte à tous les pêcheurs (matelots et patrons) toutes spécificités confondues (chalutiers – petits métiers – thoniers – pêche à pied – lamparos ….).
    Le marin pêcheur s’acquitte d’une cotisation mensuelle dont l’Etat abonde pour le même montant. Les départements par des dotations fluctuantes abondent en fonction du nombre de cotisants sur leurs territoires, et ce, à hauteur de 20 à 50 % de la dotation d’Etat.
    La cotisation s’élève à 102 euros quelque soit le statut du marin pêcheur. Evidemment, la prime reversée, obligatoirement en deux paiements, conserve une équité identique.
    Pour information, un pêcheur cotisant 1200 € par an encaisse dans les 4 départements littoraux d’Occitanie : Aude 3100 € - PO 3200 € - Hérault 2800 € - Gard 2900 €.
    Comme pour beaucoup d’autres structures, l’application de la loi NOTRE met en péril ces soutiens départementaux en place depuis 2000. Ainsi, d’année en année, très stratégiquement les dotations départementales s’amenuisent pour in finé totalement disparaître. C’est l’objectif de cette loi NOTRE !

    Fait à Sigean le 15 février 2017
    Pour le président Jean Pierre Dellong
    Le coordinateur du CIDPMEM 66/11
    Dominique Blanchard

Répondre à cet article