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Publié le jeudi 13 octobre 2016 à 20h57min par Aurélie de Varax

En Occitanie, l’économie circulaire n’est plus un concept mais une réalité

Plus de vingt initiatives régionales et nationales ont été présentées à Revel, ce jeudi, à l’occasion des troisième Rencontres régionales de l’économie circulaire. Elles prouvent l’opportunité et l’efficacité économique de ce concept pour la Région.

« Rien ne se perd, tout se transforme. » Alain Chatillon, président d’honneur de BioVallée Lauragais a donné le « La » des troisième Rencontres régionales de l’économie circulaire, à Revel, ce matin. Un rendez-vous que le sénateur-maire de Revel a initié en 2012 et qui prend, cette année, son envergure régionale avec le concours de l’Institut nationale de l’économie circulaire, de la Région Occitanie, l’Ademe, la CCI de Toulouse et Organic Vallée.

L’objectif de cette édition 2016 ? Impulser le passage à l’action en présentant des démarches régionales et nationales innovantes, transférables et économiquement viables. « C’est un modèle de transformation de la société et de l’économie qui se fera progressivement. Il s’agit de préserver la ressource, de ne plus en faire un déchet mais de créer de la productivité sur la ressource. Il y a des marges de croissance dans cette capacité, » a rappelé François Michel Lambert, président de l’Institut de l’économie circulaire. Un argument que confirme Alain di Crescenzo, Président de la CCI de Toulouse puisque « l’économie circulaire représente déjà 600.000 emplois sur le territoires et, si on obtenait 10% d’efforts supplémentaire, on pourrait passer le cap du million d’emplois. »

Des projets inspirants sur le territoire

Si la préservation des ressources est dans l’ADN des Laboratoires Pierre Fabre, l’entreprise a intégré les principes de l’économie circulaire à toutes les étapes du cycle de vie des produits. « Lorsque nous utilisons des graines de lin pour un shampoing, nous valorisons la tige comme isolant pour le bâtiment. Nous recyclons nos solvants et utilisons des matières recyclées pour tous nos packaging, » détaille Séverine Rouillet Furnemont, responsable développement durable. Chez Veolia, des projets sont en cours à Toulouse pour utiliser le potentiel thermique des eaux usées pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, un système que l’entreprise a développé et breveté sur sa plateforme R&D de Cagnes-sur-mer.

Autre exemple inspirant : Renault qui s’est associé aux Filatures du Parc dans le Tarn, - une entreprise qui valorise des pièces de Véhicules Hors d’Usage (VHU) - pour intégrer des tissus en fil recyclé dans ses véhicules (tapis, siège). Quant à la CCI, elle essaime actuellement sur le territoire national son logiciel Act’IF, développé par la CCI du Tarn. « C’est un outil d’intelligence collective qui quantifie, géolocalise, croise des données pour mutualiser des flux de biens et de service sur territoires » explique Jean-François Rezeau, président de la Commission DD-RSE à la CCI Midi-Pyrénées. Un outil qui prouve aussi que l’écologie industrielle des territoires ne se fera pas sans le pouvoir d’accélération du digital.

Des freins à lever

Si l’heure n’est plus à convaincre de l’opportunité que présente l’économie circulaire face à l’hyper consommation des ressources, des freins restent à lever. Ils sont d’ordre politiques, réglementaires et fiscaux. « Le droit actuel est issu de deux siècles d’un modèle industriel linéaire. Si la loi de transition énergétique a intégré l’économie circulaire comme un objectif, il faut du temps pour sa mise en oeuvre dans des décrets, arrêtés, guides techniques, » a souligné le spécialiste du droit de l’environnement Carl Enckell. Un appel à projets « France expérimentation » est d’ailleurs en cours pour permettre le développement des projets par l’attribution de dérogations temporaires à certaines dispositions réglementaires. Les promoteurs de l’économie circulaire escomptent aussi une fiscalité carbone plus efficace car les matières premières secondaires sont difficilement compétitives en période de prix du pétrole bas.

« Ces échanges montrent que nous avons à renforcer un réseau régional, à structurer une filière par des appels à projets et avec des outils de labellisation. Un des nouveaux leviers sur lequel la Région travaille est d’arriver à stimuler la commande publique pour les matériaux recyclés, » a conclu Agnès Langevine, vice-présidente de la région en charge de la transition énergétique et écologique..
Aurélie de Varax

Sur la photo de gauche à droite : Carl Enckell - Cabinet Enckell et Avocats ; Chloé Maisano directrice Ordimip ; François-Michel Lambert, Président - Institut de l’Economie Circulaire ; Agnès Langevine - Vice-Présidente chargée de la transition écologique et énergétique, de la Biodiversité, de l’économie Circulaire et des déchets - Région Occitanie et Éric Gouardes - Directeur Régional Adjoint - Ademe Occitanie. Photo RECC.