ToulÉco Green

Publié le mardi 5 novembre 2013 à 12h15min par Aurélie de Varax

Ecobole, le site de crowdfunding vert, finance son premier projet en Midi-Pyrénées

La jeune start-up spécialisée dans le financement participatif de projets green vient de financer le projet d’ameublement en barriques recyclées de la cave Mouisset, à Fronton. L’occasion de faire le point sur les acteurs du crowdfunding vert en Midi-Pyrénées.

Le crowdfunding, ou financement participatif, fait de plus en plus d’émules en France. « Les projets financés sont proposés par des entreprises, associations, fondations ou même des particuliers qui, dans l’organisation classique du financement par prêt bancaire, ne peuvent pas se financer », souligne Emmanuel Boullier, le fondateur d’Ecobole. La start-up, basée à Toulouse et lancée en mars dernier, vient de permettre le financement d’un premier projet en Midi-Pyrénées : l’ameublement de la nouvelle cave Mouisset à Fronton (Haute-Garonne), à partir de barriques de chênes ayant contenu des vins, recyclées en meubles. Pour Marc Mouisset, faire appel à la plateforme Ecobole s’est imposé en raison « du côté écologique du projet et de la possibilité de permettre à des clients, amis ou simples connaissances de devenir partie prenante. »

La levée de fond a finalement dépassé l’objectif initial des 1500 euros grâce à 38 contributeurs, soit une moyenne de 45 euros par ticket. Dans les contreparties en nature, les donateurs auront leur nom inscrit sur le bar de la nouvelle cave ou encore des bouteilles ou une dégustation offertes. « Pour nous, c’est l’occasion de toucher de nouvelles cibles de clients pour leur présenter notre cave », explique Marc Mouisset.

Depuis sa création, Ecobole a proposé onze projets green dont deux ont atteint l’objectif de financement, à ce jour. L’entreprise se rémunère via une commission de 8,5% sur les fonds récoltés. « Nous avons montré que le concept marche », se félicite Emmanuel Boullier. « Ecobole va évoluer prochainement pour proposer aussi du capital investissement sur les projets de plus grande envergure ». C’est le positionnement pratiqué avec succès par Wiseed, le pionnier toulousain du financement participatif.

Wiseed a levé 6 millions d’euros en quatre ans

Chez Wiseed, le green business fait partie des projets cibles. La plateforme propose dans son catalogue de produits des start-up innovantes en recherche d’actionnaires. Sur les 28 jeunes pousses financées depuis juin 2009, 25% étaient dans le domaine de l’environnement. « Nous recevons cinq à dix demandes par jour. L’équipe fait un premier tri. Chaque semaine nous proposons au vote de notre communauté (20 000 membres, ndlr) dix nouvelles sociétés. Une sorte d’étude de marché qui nous permet de proposer au financement seulement les projets plébiscités », explique Thierry Merquiol, président de Wiseed. « Les mises sont bloquées jusqu’à offre de rachat avec des taux escomptés de l’ordre de 7 à 10%. »

Depuis le début de l’année, l’activité décolle. Wiseed vient d’ailleurs d’ouvrir un bureau en Suisse et travaille sur l’ouverture d’une franchise en Angleterre. Reste que le patron pionnier, qui a participé à l’élaboration de la loi sur le financement participatif, s’inquiète des conditions d’émergence du marché : « On souhaitait un assouplissement des contraintes réglementaires et de capital qui sont actuellement disproportionnées par rapport à notre métier. Il sera obtenu en façade avec la création d’un statut de conseiller en investissement participatif mais derrière, on ne pourra pas mieux faire. »
Aurélie de Varax

Sur la photo : Marc et Annick Mouisset. Crédits : Angélique Bailloud.