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Publié le vendredi 18 mars 2016 à 08h31min par Aurélie de Varax

Eco-pâturage : la Poste prend le pli

A Castelnau-d’Estréfonds, la plate-forme industrielle courrier de Midi-Pyrénées a accueilli, mardi 15 mars, dix-huit moutons d’Ouessant pour tondre ses 20.000 m2 de gazon. Un mode d’entretien économique et écologique en vogue dans la région.

Ils sont arrivés mardi pour prendre leurs fonctions à Castelnau-d’Estréfonds. Dix-huit moutons d’Ouessant ont intégré les quelques 20.000 m2 d’herbe qui entourent les bâtiments d’Eurocentre, la plate-forme industrielle courrier de Midi-Pyrénées où transitent chaque jour 2,5 millions de plis. Leur mission : brouter l’herbe toute l’année pour remplacer les tondeuses à gazons et les produits d’entretien des espaces verts. Pour la direction de La Poste, cette démarche s’inscrit dans la droite lignes de leurs choix éco-responsables.

Joindre l’utile à l’agréable

Selon Alix Monin de la société Ecomouton, le leader en France de l’eco-pâturage qui gère la prestation pour Eurocentre, l’éco-pâturage se démocratise à grande vitesse dans l’hexagone fort de son intérêt économique et écologique.« Cela permet un entretien régulier de la surface pour un coût jusqu’à moins 25% inférieur à la tonte mécanique. On observe une amélioration de la pâture car les moutons la fertilisent, avec un retour de la biodiversité : oiseaux et insectes. »

Situé en région parisienne, Ecomouton a équipé 40 nouveaux clients en 2015 avec des références comme Renault, RTE, Truffaut, Nature et Découvertes et, en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, l’entreprise Glassolutions à Bruguères. « Cela permet de faire vivre des espaces laissés à l’abandon et de donner un supplément d’âme à l’entreprise en créant de la convivialité pour les salariés », ajoute Alix Monin.

Foix et Cugnaux, à l’avant-garde

L’idée de l’éco-pâturage n’est pas si neuve dans la région et certaines communes font figure de pionnier. Comme la mairie de Foix qui accueille depuis quatre ans Chocolat et Biscotte, deux moutons rustiques, d’avril à novembre pour tondre ses terrains. Un projet initié en partenariat avec l’association « C’est dans ma nature » qui envoie également ses pensionnaires brouteurs au Conseil général, au Tribunal de Foix et prochainement à l’université.

En octobre dernier, les cugnalais hébergeaient également un bouc et six chèvres des Pyrénées dans le parc classé de Loubayssens, où les élus aspiraient à limiter la mécanisation et promouvoir une initiative durable. De retour sur les lieux ce mercredi après les mois d’hiver, les chèvres entretiendront 11. 267m² d’espaces verts difficiles d’accès pour les services municipaux. Un an d’étude ont été nécessaire pour approfondir l’opportunité de ce projet en partenariat avec l’association Entretien et Nature et greffer un volet sensibilisation auprès des crèches et des écoles. « Notre volonté n’est pas centrée sur l’entretien des espaces verts mais vise à remettre l’agriculture au coeur de la ville en préservant une espèce en voie de disparition » précise François Jacques, adjoint délégué à l’aménagement du patrimoine et des espaces publics. La révolution des ovins tondeurs au coeur des villes est lancée.
Aurélie de Varax

Photo : Depuis le 15 mars, la plate-forme industrielle courrier (PIC) de Midi-Pyrénées à Castelnau-d’Estrétefonds accueille 18 nouveaux locataires insolites. Photo Patrick Vixac.