ToulÉco Green

Publié le vendredi 18 décembre 2015 à 18h22min par Aurélie de Varax

Du champs à l’assiette. Qui sont les pépites de la croissance verte ?

Dossier. Troisième partie.

34% des émissions de gaz à effet de serre, c’est la triste performance du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, le premier pourvoyeur d’emplois de Midi-Pyrénées. Face aux défis d’une croissance croissance verte, l’innovation va bon train, du champs à l’assiette.

Au delà du gaz carbonique dégagé par la combustion des énergies fossiles, l’agriculture est surtout émettrice de méthane et de protoxyde d’azote dont une partie importante est issue de l’élevage. Côté solutions, les énergies vertes fourmillent. Certains conçoivent de nouveaux outils au service des agriculteurs pour une agriculture plus économe en énergie et respectueuse des sols vivants. Avec son robots "Oz" adapté au maraichage et ses corollaires pour la vigne et les grandes cultures en cours de développement, la start-up Naïo technologies veut démocratiser le désherbage mécanique plutôt que l’épandage d’herbicides. Crée en 2011, l’entreprise vient de lever trois millions d’euros. De quoi "renforcer le département commercial et recruter des ingénieurs pour continuer l’effort d’industrialisation et le travail sur l’autonomie des robots", précisent Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, les fondateurs de l’entreprise.

Quant à Drones&Co créée en 2013 à Mirepois, elle propose aux agriculteurs d’utiliser les drones pour optimiser l’usage d’insecticides. La technologie développée avec le toulousain Agénium a été testée chez un céréalier ariégeois pour larguer dans les champs de façon optimisée des capsules de trichogrammes, ces microguêpes utilisées dans la lutte contre la pyrale, un papillon qui dévaste le maïs. Drones&Co espère commercialiser l’outil en 2016.

Miser sur l’économie circulaire

D’autres misent sur de nouveaux modèles de productions et, en la matière, Organic’ Vallée est une première en France. La toute jeune Scic lancée dans le lauragais a conçu un pôle d’agro-activité sur le modèle de l’économie circulaire. "En lien avec les flux entrants et sortants de Cler Verts (composterie), nous allons installer des acteurs ayant une activité de flux. Trente hectares sont prévus en maraichages biologiques, une légumerie, de l’élevage, un brasseur, une huilerie, une meunerie. On va louer les terrains avec une part variable indexée sur le chiffre d’affaires réalisé », détaille Jean-Luc da Lozzo le gérant de la Scic.

Côté assiette, la start-up Cellulopack créée en 2013, démarre début 2016 la commercialisation de la première barquette alimentaire compostable auprès des cuisines centrales. Produite en cellulose moulée, elle est 100% compostable y compris le liner, le film plastique qui permet l’étanchéité de la barquette. Une première mondiale. "Cela va permettre de substituer les barquettes plastiques actuelles qui provoquent de gros déchets. Le plus difficile a été de trouver un produit permettant à la fois de répondre aux normes sanitaires pour accueillir de la nourriture et de produire le liner permettant une parfaite étanchéité de la barquette", précise Olivier Mas. L’entreprise travaille également sur le développement de sa prochaine innovation : un film alimentaire compostable.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Anatis, le robot de Naïo Technologies adapté au désherbage des surfaces supérieures à dix hectares. Photo Tien Tran.