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Publié le jeudi 22 octobre 2015 à 17h26min par Aurélie de Varax

Dossier Solutions climat - Première partie : Midi-Pyrénées en phase d’adaptation

Espoirs et interrogations. La Cop 21, la conférence de Paris sur les changements climatiques, réunira les 192 pays membres des Nations Unies fin novembre. En Midi-Pyrénées, l’heure est aux solutions pour s’adapter à la nouvelle donne écologique. A la clé : 200.000 emplois.

C’est la vingt et unième conférence depuis le Sommet de la terre de Rio en 1992. Et l’objectif est de taille : construire les bases d’un accord international pour limiter à deux degrés le réchauffement climatique mondial. Les précédentes conférences ont été un fiasco mais la donne a changé. "Nous avons de plus en plus d’événements météorologiques extrêmes et rapprochés qui font que le changement climatique commence à être vécu par la génération présente", explique Geneviève Azam, maître de conférences en économie à l’université Toulouse Jean-Jaurès, membre du conseil scientifique de l’ong Attac et très impliquée dans la Cop 21. Selon l’experte,"c’est sans doute la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous sommes confrontés à des enjeux de cet ordre, scientifiquement établis, puisque selon le dernier rapport du Giec (ndlr : le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) l’origine humaine du changement climatique est avérée à 98%."

Midi-Pyrénées prépare sa transition écologique avec un signal climatique fort dû aux influences géographiques. Il suffit de se promener dans les Pyrénées pour constater que les glaciers fondent : la comparaison avec les cartes postales d’il y a vingt ans est sans équivoque. Selon le climatologue toulousain Serge Planton, "l’observation des températures sur le siècle dernier fait état d’un réchauffement moyen d’1,4 degré en France et d’1,6 degré en Midi-Pyrénées". Le tourisme et l’agriculture, deux grands secteurs économiques, sont en première ligne d’un climat midi-Pyrénéen qui migre inéluctablement vers celui du sud de l’Espagne. Les stations de ski de moyenne montagne veulent développer le tourisme d’été, les éleveurs s’interrogent sur l’avenir des cultures fourragères et les agriculteurs du maïs. Place à l’adaptation.

Les solutions sont locales

En ligne avec les objectifs européens et nationaux, Midi-Pyrénées a décliné son Schéma régional climat air énergie (SRCAE) en 2012. Un cadre global pour la transition énergétique orchestrée ensuite par les acteurs en fonction de leurs compétences : le Plan Midi-Pyrénées énergie pour la Région doté de 260 millions d’euros, les plans climat énergie territoriaux pour les collectivités. De l’argent est injecté pour soutenir les entreprises innovantes, les filières renouvelables - à commencer par la méthanisation -, pour accompagner le développement des circuits courts, l’agriculture écologiquement intensive et la transition des deux secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre : l’agriculture et les transports avec chacun 35% des émissions. « Il y a là l’opportunité d’une nouvelle logique industrielle, agricole, de transports et d’urbanisme. Avec 200.000 emplois à la clef. En tant qu’élu je vois les citoyens sur le terrain, leur prise de conscience. Le climat, c’est nous", assure Gérard Onesta, vice-président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées.

Mais où en sommes-nous ? Si la progression est en ligne avec les objectifs régionaux sur le développement des énergies renouvelables, la baisse des consommations énergétiques dans le secteur des transports et de l’industrie, elle est très incertaine pour le bâtiment. Et les émissions de GES du secteur agricole ont à peine baissé depuis 2005. Selon Geneviève Azam, "nous ne pouvons pas d’un côté dire qu’on va lutter contre les effets du changement climatique et de l’autre continuer les mêmes politiques en terme de mobilité et d’agriculture. Nous avons tous à gagner à modifier nos méthodes de production et de consommation alors que c’est encore vécu comme une perte. Nous devons faire décroître certaines productions et consommations pour en faire croître d’autres". En Midi-Pyrénées, halte à la skysophrénie économique et politique, les solutions existent pour une économie décarbonée : elles s’appellent RSE, économie circulaire, circuits courts, agroforesterie, énergies renouvelables…
Aurélie de Varax