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Publié le mercredi 22 octobre 2014 à 17h00min par Virginie Mailles Viard

Dossier. Quand la biodiversité peut rapporter gros - 1re partie

En Midi-Pyrénées, la progression des terres artificialisées est deux fois plus rapide que la moyenne française. La protection de la biodiversité est une urgence qui pourrait se révéler aussi, une opportunité.

Dans le Tarn, Valgo lançait en mai une expérimentation grandeur nature d’une technique de dépollution des sols par des géraniums rustiques. Seppic qui détient un centre de R&D à Castres disposera d’ici 3 ans d’une nouvelle source de production d’alcool gras extrait d’algues pour l’industrie cosmétique dont les retombées économiques sont estimées à 18 millions d’euros. Notre biodiversité reste au coeur des innovations qui jalonnent notre histoire. Et sur le plan économique, c’est même la première entreprise au monde puisqu’elle nous fournit : abri, nourriture, eau potable, vêtements, médicaments et loisirs. Sans oublier les services rendus par les écosystèmes comme l’oxygène, l’absorption de la pollution, le maintien de la fertilité des sols et des microclimats, l’assainissement de l’eau. L’ensemble serait évalué à deux fois le PNB mondial. Si l’enjeu de la protection de la biodiversité n’est plus à prouver, le bon mode d’emploi reste à trouver étant donné son infinie complexité.

En Midi-Pyrénées, cap sur la biodiversité ordinaire

Le 18 juin 2013 restera dans les mémoires comme l’une des crues les plus dévastatrices qu’ait connue la région. Sortant de son lit en furie, la Garonne a violenté 127 communes provoquant 125 millions d’euros de dégâts. Et invité les mentalités au changement : si on ne peut redessiner le visage du fleuve en fonction de notre urbanisme, il faut adapter notre empreinte territoriale au cours naturel de la Garonne.
S’adapter aux cours des fleuves, préserver les zones humides comme réservoir de biodiversité et zone tampons en cas de crues, protéger les corridors biologiques qu’emprunte la faune, travailler sur des continuités écologiques dans l’ensemble des projets d’aménagements… autant de préoccupations nouvelles depuis la révolution du Grenelle, en 2007. Désormais la politique des espaces protégés ne suffit plus. On parle de trame verte et bleue ou de continuité écologique. La biodiversité remarquable et la biodiversité ordinaire sont déclarées interdépendantes et, en Midi-Pyrénées, c’est la seconde qui mérite toutes les attentions. « On ne manque pas de propositions sur les espaces d’intérêts écologiques mais l’enjeu majoritaire est la protection des espaces voués à être urbanisés ou artificialisés, du fait de la pression économique et démographique de notre territoire, » souligne Aurélie Nars, chargée de mission au sein de Nature Midi-Pyrénées. Le territoire artificialisé a progressé de 5,5% entre 2000 et 2006, presque deux fois plus vite qu’en métropole sachant que les zones montagneuses ne seront jamais exploitées.

Une nouvelle cartographie des territoires

A la fin de l’année, les collectivités de Midi-Pyrénées disposeront d’un outil pour décliner la trame verte et bleue à l’échelle de leur territoire : le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE). Piloté par l’État (Dreal Midi-Pyrénées) et la Région et réévalué régulièrement, il fixe un cadre pour que les continuités écologiques puisse cohabiter avec l’agriculture et l’urbanisation galopante. L’agroforesterie, l’agriculture biologique ou encore les circuits courts et les potagers urbains pourraient connaître bientôt un âge d’or.
Aurélie de Varax

La biodiversité en Midi-Pyrénées

  • Située à un carrefour biogéographique (atlantique, continental, alpin et méditerranéen), la région abrite près de la moitié des espèces françaises avec un fort taux d’endémisme.
  • La forêt couvre le quart du territoire et 34% du territoire est reconnu Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique ou floristique (ZNIEFF).
  • Midi-Pyrénées comprend 4 Parcs naturels régionaux : le PNR des Causses du Quercy, le PNR des Grands Causses, le PNR du Haut-Languedoc et le PNR des Pyrénées ariégeoises.