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Publié le jeudi 16 avril 2015 à 15h51min par Aurélie de Varax

Dossier - Midi-Pyrénées du champ à l’assiette : les graines qui montent - 1re partie

Soucieux de créer de nouveaux débouchés sur les filières, les acteurs de l’agri-agro-alimentaire innovent avec pour leitmotiv : la relocalisation. Du soja produit et transformé localement, la première baguette au blé dur 100% régionale… Un air de renouveau souffle sur les grandes cultures de (...)

Le secteur agroalimentaire, lié à celui de l’agriculture, joue un rôle stratégique et structurant pour l’économie midi-pyrénéenne. Mais il est soumis à de fortes pressions : volatilité des prix et contraintes climatiques pour les agriculteurs, risque de compétitivité et anticipation des demandes du marché pour les transformateurs, réponses aux exigences des consommateurs avec des produits de qualité et accessibles pour la distribution. Un parcours du combattant qui n’optimise pas toujours l’excellence de son terroir et de ses produits.

Les dynamiques récentes de relocalisation ou de redéploiement de filières sur le territoire tendent à renverser cette problématique. À commencer par la filière soja qui bénéficie depuis 2012 de l’élan de la Région avec le Plan Protéines afin de limiter les importations. Ce dispositif démontre qu’en partant des besoins du marché et des atouts de certaines graines, il est possible de créer de la valeur à tous les niveaux de la filière.
Les coopératives constituent un autre levier pour la relocalisation des filières selon Joël Cassagne, directeur de la chambre d’agriculture de la Haute-Garonne. Notamment par leur souci de fidéliser les producteurs et d’imaginer avec eux de nouvelles solutions. Une stratégie sur laquelle mise Arterris. La coopérative, présente en Midi-Pyrénées dans le Tarn, l’Ariège et la Haute-Garonne et qui a réalisé 850 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, consacre 1,7 million d’euros à l’innovation. En 2013, elle a ainsi lancé un adjuvant phytosanitaire 100% décarbonné à partir de tournesol. Elle explore actuellement les potentialités du blé dur avec une première création de produit en boulangerie : la Mie’nutie

La filière biologique pionnière de la relocalisation

Mais c’est sur le secteur biologique - qui a érigé le local en modèle économique - que le terreau d’initiative est le plus fertile. Agribio Union, union de coopératives agricoles entièrement spécialisée dans les grandes cultures biologiques basée à Salvagnac dans le Tarn, privilégie un chemin contractuel pluriannuel avec ses partenaires – des fournisseurs jusqu’aux distributeurs - pour sécuriser les approvisionnements et le marché. Elle écoule sur ce modèle la moitié de sa production. « Parce qu’il faut trouver une valeur ajoutée au produit afin de contrer la concurrence du rendement des productions conventionnelles », note Nicolas Lecat, directeur d’Agribio Union. Val de Gascogne, dans le Gers, procède de même. Le tout sous la bienveillance des chambres d’agriculture : « Avec la nouvelle PAC (Politique agricole commune) le nombre d’agriculteurs en bio va augmenter. L’idée est de leur proposer plusieurs solutions et de sécuriser leurs débouchés. », précise Laurent Laffont, technicien conseil en agriculture biologique. Le made in Midi-Pyrénées n’a pas dit son dernier mot.
Aurélie de Varax

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