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Publié le jeudi 9 janvier 2014 à 07h23min par Aurélie de Varax

Djoliba, son hymne à la planète

Une équipe de passionnés a fait du joyau toulousain, Djoliba, un leader dans l’import et la vente d’instruments de musique du monde. Leur catalogue est remarquable tout comme leur approche d’un commerce Nord-Sud qui respecte l’homme et l’environnement.

Passer la porte de la boutique Djoliba à Toulouse est une expérience des plus insolites. Djembé, gongs ou balafons côtoient flutes et guitares des cinq continents, aux noms plus ou moins chantants. Au total ce sont plus de 3500 références en magasin et sur internet. Une manne pour les écoles de musiques et les passionnés, sans oublier le Musée du Quai Branly qui a passé commande récemment. La recette de ce succès ? Une passion inébranlable pour la musique, une veille permanente sur les innovations du secteur et des collaborations fructueuses avec une quarantaine de fabricants sur les cinq continents.

« Tout est né d’une rencontre, en 1995 au Sénégal. Celle d’un sénégalais d’origine guinéenne et luthier, à l’origine de la création des premières guitares africaines en calebasse : Kamou Ibrahima Diallo », raconte Christophe Gallego, cofondateur avec Cédric Aimé de Djoliba. Ces deux passionnés d’instruments de musique traditionnels lancent la société en 1999, pour commercialiser en France les instruments d’Afrique de l’Ouest de l’atelier de Kamou Diallo. Les débuts sont durs. Des emprunts à la famille et un crédit à la consommation permettent de mettre l’entreprise sur les rails. Pendant 4 ans, les deux associés ne se paient pas. Ils participent à des festivals de musique en France et en Europe et voyagent à la rencontre des artisans pour enrichir leur catalogue. Dix ans plus tard, l’entreprise investit un espace de 180m2 à Toulouse et fait 500 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Elle a tracé sa route dans la fidélité à ses valeurs d’origine.

Le développement durable, une évidence
« Tous les fabricants avec lesquels nous travaillons, nous les rencontrons. Nous voyons qui ils sont et comment ils travaillent. Ces sont toujours eux qui fixent les prix et nous instaurons une relation durable et partenariale », explique Christophe Gallego. Une sorte de commerce équitable même si l’entrepreneur s’en défend. « C’est notre conception du commerce. Pour nous, ce devrait être la norme. »
Afin de protéger l’environnement, la traçabilité des matériaux est aussi passée au peigne fin, à commencer par les bois. En Indonésie, l’entreprise est fière d’avoir mis en place la traçabilité des essences de bois avec des numéros de coupe permettant de certifier les provenances. En Afrique de l’Ouest, Kamu Diallo est sur place et achète lui-même les bois. « En Afrique, la coupe sauvage est un fléau. C’est extrêmement difficile d’obtenir une traçabilité sur les essences qui vont en Europe ». Selon Christophe Gallego, la situation s’est beaucoup détériorée depuis quinze ans.

La musique pour s’initier aux cultures du monde
2013 a été une année dure et l’entrepreneur ne cache pas que son modèle est fragile. Soumis à des délais de fabrication longs par rapport à la trésorerie ou aux aléas d’un container pillé. Mais depuis quinze ans, Djoliba trace son chemin dans la fidélité à ses valeurs. « La musique est universelle, elle permet d’avoir moins peur de l’autre ». L’instrument de musique est un passeur pour donner envie de découvrir la richesse parfois insoupçonnée des cultures du monde.
Aurélie de Varax
Sur la photo : Christophe Gallego dans la boutique Djoliba à Toulouse. Photo Hélène Ressayres.